Côte-des-Neiges & NDG

Les diasporas montréalaises d’Europe de l’Est se mobilisent pour l’Ukraine

Manifestation en soutien au peuple ukrainien
Manifestation en soutien au peuple ukrainien Photo: Gracieuseté/Liuba Sarbu

La communauté ukrainienne de Montréal peut compter sur le soutien des différentes communautés des pays d’Europe de l’Est. Depuis plusieurs semaines, les différentes diasporas montréalaises se mobilisent pour venir en aide au peuple ukrainien, avec qui elles entretiennent d’importantes relations.  

La majorité des pays d’Europe de l’Est, comme la Moldavie, la Pologne ou encore la Roumanie, partagent avec l’Ukraine bien plus qu’une simple frontière. Beaucoup d’entre eux ont des ressortissants en Ukraine et, pour les diasporas montréalaises, ce sont des membres de leurs propres familles qui se retrouvent désormais sous les bombes russes.

La présidente de la communauté moldave du Québec, Ala Mindicanu ; Photo: Gracieuseté/Ala Mindicanu

«Les Ukrainiens nous protègent tous et ils meurent pour notre liberté », déclare Ala Mindicanu, la présidente de la communauté moldave du Québec, dont le siège se situe dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Tout en témoignant son soutien au peuple ukrainien, elle se réjouit aussi de voir la mobilisation de la Moldavie pour venir en aide aux Ukrainiens.

«Nous sommes très heureux que notre pays [la Moldavie] ait ouvert beaucoup de centres pour les réfugiés», affirme-t-elle.

Selon la présidente, il y a une forte mobilisation à Montréal de la part des différentes communautés des pays d’Europe de l’Est. Des collectes de fond s’organisent au sein de celles-ci pour venir en aide à la population sur place.

Elle déplore cependant l’absence de la diaspora russe montréalaise au sein de ce mouvement de soutien envers le peuple ukrainien. Selon Ala Mindicanu, plusieurs membres de celle-ci craignent de s’exprimer haut et fort face à leur pays d’origine.  

La présidente de l’organisme Enfants Braves qui vise à promouvoir la culture et la langue roumaine à Montréal, Liuba Sarbu, elle-même roumaine, a récemment mis en place une collecte de fonds sur la plateforme GoFundMe pour soutenir les Ukrainiens ayant trouvé refuge en Moldavie.

Cette cagnotte, appelée Help Ukrainians refugees in Moldova, a déjà récolté presque 2 000 $ depuis sa création il y a quelques jours. La présidente explique que l’ensemble de ces dons seront envoyés en Moldavie pour contribuer à l’accueil des réfugiés.

Liuba Sarbu explique ressentir beaucoup de stress car les tirs d’artillerie retentissent désormais jusqu’à son village natal en Moldavie, où ses proches se trouvent. 

«On a déjà été dans l’URSS, donc on sait ce que c’est quand quelqu’un veut prendre le pouvoir par la force, raconte Liuba Sarbu. Si l’Ukraine tombe, ils arriveront chez nous aussi.»

Elle explique aussi qu’une collecte de nourriture et de produits médicaux a eu lieu à Laval. Les dons seront prochainement acheminés en Ukraine pour venir en aide aux soldats.

De son côté, c’est avec beaucoup de peine et d’horreur que Larissa Ovadis, une femme originaire de Moscou dont le mari vient de Kyiv, suit les événements.

Tous deux ont des proches des deux côtés de la frontière ukraino-russe et ils craignent autant pour leurs proches en Ukraine que pour ceux en Russie qui contestent les décisions de Poutine.

«J’ai honte en ce moment d’être originaire de Russie, dit Larissa Ovadis. On s’excuse pour notre pays, on est désolé que tout ça ait pu arriver.»

Un soutien unanime?

Pour Larissa Ovadis, de nombreux Montréalais d’origine russe sont contre les décisions du président russe Vladimir Poutine et soutiennent la communauté ukrainienne, mais cet appui ne ferait pas l’unanimité.

«Même à Montréal, et partout dans le monde, les immigrants [d’origine russe] sont divisés, car il y en a beaucoup qui approuvent Poutine et tout ce qu’il fait, dit Larissa Ovadis. Je ne comprends pas les gens qui quittent la Russie, qui voient ce qu’est la démocratie et qui continuent à approuver la politique de Poutine […] à Montréal, il y en a beaucoup.»

Elle explique voir, sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages prorusses qui légitiment l’attaque de Vladimir Poutine en Ukraine.

Le sentiment prorusse n’est pas partagé que par une partie de la diaspora russe. C’est par exemple le cas de Bassem Isshak, qui est originaire de Syrie et qui a vécu une dizaine d’années en Russie.

Il explique qu’il est contre la guerre et qu’il soutient à la fois les Ukrainiens et les Russes, mais il légitimise la politique de Poutine en soutenant qu’elle constitue une défense «contre des menaces à long terme», pointant du doigt l’OTAN.

«Il est en train de défendre les intérêts de son pays», dit-il.

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