Hochelaga-Maisonneuve
11:22 19 août 2020 | mise à jour le: 20 août 2020 à 15:44 temps de lecture: 5 minutes

Itinérance: Valérie Plante souhaite voir «disparaître» le campement de la rue Notre-Dame

Itinérance: Valérie Plante souhaite voir «disparaître» le campement de la rue Notre-Dame
Photo: Josie Desmarais/MétroLa mairesse de Montréal, Valérie Plante.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, souhaite voir le campement de fortune de la rue Notre-Dame Est «disparaître» en misant sur l’ouverture de nouveaux refuges temporaires pour personnes en situation d’itinérance.

Depuis quelques semaines, un campement de fortune prend de l’ampleur près de la rue Notre-Dame Est, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Plusieurs personnes en situation d’itinérance y ont érigé des tentes et certaines commodités artisanales. La Croix-Rouge distribue régulièrement des denrées alimentaires dans le Square Dézéry, où se trouve ce campement. Les sans-abri qui s’y trouvent bénéficient assidu soutien social de l’organisme communautaire CAP St-Barnabé.

Plusieurs organismes ont associé l’émergence de ce campement de fortune à la fermeture progressive de plusieurs ressources d’hébergement temporaire à Montréal dans le contexte du déconfinement. C’est notamment le cas du président sortant de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce. Une situation qui a amené l’opposition officielle à réclamer un moratoire sur la fermeture de ces ressources. Celles-ci avaient notamment vu le jour dans des centres sportifs et des hôtels de la métropole.

Depuis, l’aréna Maurice-Richard a cessé d’accueillir des sans-abri le 15 juillet. Cela a ensuite été le cas deux semaines plus tard du Centre Jean-Claude Malépart, dans le quartier Centre-Sud, et de l’hôtel l’Abri du voyageur, entre autres.

Encore des places disponibles

La Ville de Montréal, pour sa part, affirme que plusieurs lits sont toujours disponibles dans les refuges en place. 

«Le nombre de refuges est suffisant à Montréal et d’autres installations sont en voie de se transformer», a déclaré la mairesse Valérie Plante, de retour de vacances, lors d’une allocution en séance du comité exécutif.

La mairesse a toutefois reconnu du même souffle que la crise sanitaire a «bousculé le milieu communautaire et toutes les ressources pour les personnes en situation d’itinérance». En raison des mesures de distanciation physique, les refuges traditionnels ont dû limiter considérablement leur capacité. La Ville a alors débloqué quelque 700 lits pendant la première vague du coronavirus pour héberger les sans-abri dans divers bâtiments publics.

Un campement voué à «disparaître»

Alors que Québec se prépare pour une deuxième vague de la COVID-19, Mme Plante a toutefois confirmé mercredi que d’autres refuges temporaires verront le jour. En plus de celui aménagé à l’ancien hôpital Royal-Victoria, au centre-ville, on en comptera un autre dans l’Est de Montréal et un dédié aux personnes autochtones. Elle n’a toutefois pas précisé leur emplacement exact ni quand ceux-ci verront le jour.

«Au fur et à mesure que les ressources vont se transformer et que l’on va les augmenter, le campement [de la rue Notre-Dame] va tranquillement disparaître en tant que tel», a ainsi convenu Mme Plante.

Contacté par Métro, son cabinet confirme toutefois que la Ville n’entend pas envoyer des policiers pour démanteler ce campement de force, comme cela a été le cas en juin dans différents parcs de la métropole. On entend plutôt collaborer avec les organismes communautaires afin de «relocaliser les gens» à l’endroit qui «correspond le mieux à leurs besoins», indique son attachée de presse, Geneviève Jutras.

«Bien sûr, tout ça va se faire dans la tranquillité et dans le respect de valeurs qui nous sont chères à Montréal parce qu’on considère que peu importe qui on est, on a le droit d’avoir un toit au-dessus de nos têtes.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Aide de Québec

Mme Plante interpelle également Québec pour le presser de nouveau de conclure une entente en matière de logement avec Ottawa et d’investir davantage dans la lutte contre l’itinérance. Bien que la Ville ait atteint 60% de sa cible de créer 950 nouveaux logements pour itinérants, les besoins demeurent importants, a-t-elle affirmé.

«Il est important que le gouvernement offre les ressources nécessaires en habitation, en santé et pour aider les organismes communautaires», a-t-elle déclaré au lendemain de la présentation par Québec de son plan d’action pour faire face à une deuxième vague du coronavirus.

«On trouve que la Ville de Montréal n’a pas fait preuve du leadership nécessaire pour avoir l’aide de Québec en matière d’itinérance», rétorque le porte-parole en matière d’itinérance au sein d’Ensemble Montréal, Benoit Langevin. Ce dernier aurait souhaité que la Ville fasse pression sur Québec en ce sens en amont de la présentation de ce plan d’action.

L’élu d’opposition doute par ailleurs que la Ville soit sur la bonne voie pour offrir des ressources appropriées aux sans-abri du campement de la rue Notre-Dame Est.

«Il y a eu tellement d’ouvertures et de fermetures depuis le début de la pandémie et on fait affaire avec une population vulnérable. Un centre dans l’Est, ça ne règle pas les besoins des personnes en situation d’itinérance du centre-ville», laisse-t-il tomber.

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