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Métier: aiguiseur des pros

Jean-Pierre Riopel est copropriétaire de la boutique verdunoise Sport Campus, sur la rue Wellington. Photo: Nicolas Monet/Métro

Jean-Pierre Riopel, propriétaire de la boutique Sport Campus à Verdun, peut se targuer d’avoir officieusement plusieurs médailles olympiques à son actif.

Sans tambour ni trompette, il aiguise les lames de patineurs artistiques professionnels de diverses origines ainsi que celles de nombreuses joueuses de l’équipe canadienne de hockey, dont Marie-Philip Poulin.

Une grande source de fierté pour celui qui aiguise des patins depuis l’âge de 16 ans. «Tu fais un peu partie de l’équipe», souligne celui que Métro a rencontré dans sa boutique.

C’est à la suite d’une rencontre fortuite, il y a 10 ans, qu’il a commencé à s’occuper de patineurs artistiques professionnels. Patrice Lauzon, ancien champion canadien et médaillé des Championnats du monde, s’est présenté au magasin d’équipement du Centre Gadbois, tenu par Jean-Pierre Riopel, pour faire aiguiser ses patins.

Impressionné par le travail du jeune propriétaire, le patineur devenu entraîneur a vanté ses mérites auprès de ses athlètes. «Mon premier olympien, ç’a été Adrian Diaz [NDLR: patineur espagnol]. Après, ç’a déboulé», relate Jean-Pierre Riopel.

L’homme de 34 ans, originaire de Ville-Émard, a aujourd’hui une vingtaine des patineurs professionnels à son actif, incluant des vedettes du sport comme les Canadiens Tessa Moir et Scott Virtue, ainsi que les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron.

Je ne pensais pas qu’un jour ça allait m’amener à faire des médailles d’or olympiques et [Marie-Philip Poulin], la meilleure joueuse de hockey au monde.

Jean-Pierre Riopel, propriétaire de Sport Campus

Le bouche-à-oreille est aussi à la source de son succès auprès des joueuses de hockey. Il y a six ans, une connaissance jouant pour les défuntes Canadiennes de Montréal, insatisfaite de l’aiguisage qu’elle avait eu ailleurs, lui a demandé de repasser ses lames à la meule.

Encore une fois, la qualité de son travail a fait son œuvre. «Elle a commencé à amener toute l’équipe», se rappelle Jean-Pierre Riopel.

Quelques années plus tard, plusieurs membres de l’équipe canadienne de hockey, médaillée d’or à Pékin en 2022, lui confient leurs patins «aussitôt qu’elles en ont la chance», se réjouit-il.

Jean-Pierre Riopel en train d’aiguiser une paire de patins. Photo: Nicolas Monet, Métro

Pas de demi-mesure

C’est surtout le patinage artistique qui est source de stress, affirme Jean-Pierre Riopel. «Tu ne veux surtout pas qu’ils tombent», note celui qui écoute désormais assidûment les compétitions.

La constance et la disponibilité sont les plus gros défis, explique-t-il. Pour ne pas être dérangé, il s’occupe des lames des patineurs artistiques hors des heures d’ouverture, ce qui équivaut souvent à de longues soirées passées dans son magasin, sur la rue Wellington.

Il aiguise tous les patins de façon personnalisée, et doit donc se rappeler des préférences de coupe de chacun des athlètes. «Tu peux complètement changer la façon de patiner de quelqu’un juste en changeant sa coupe», précise-t-il.

Il n’y a pas de demi-mesure. Même avec les clients ici [au Sport Campus].

Jean-Pierre Riopel

Le passionné de hockey a-t-il un rêve d’aiguisage? «Travailler pour les Canadiens de Montréal, c’est sûr», répond-il du tac au tac.

Nulle crainte à avoir cependant pour les athlètes dont il s’occupe, puisque son embauche comme gérant d’équipement ne se ferait pas sans condition. «Il y aurait une entente pour garder les autres patineurs», ajoute-t-il, le sourire aux lèvres.

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