Lachine & Dorval
05:00 15 février 2021 | mise à jour le: 15 février 2021 à 12:17 temps de lecture: 4 minutes

Début des audiences publiques sur les décès en CHSLD

Début des audiences publiques sur les décès en CHSLD
Photo: Josie Desmarais/ArchivesLe CHSLD Herron de Dorval.

Dès le début de la pandémie, le Québec a été témoin de situations alarmantes qui ont mené à une hécatombe dans les milieux d’hébergement pour personnes âgées. En tout, plus de 5 000 aînés sont morts de la COVID-19. Une vaste enquête publique s’amorce lundi pour faire la lumière sur les circonstances entourant ces décès.

La coroner Me Géhane Kamel est responsable de ce dossier. Elle présidera les audiences, assistée du Dr Jacques Ramsay pour les questions médicales. Ils se pencheront sur la situation du CHSLD Herron de Dorval dès la première semaine.

On y a dénombré 38 morts en 10 jours. Des employés ont déserté l’établissement. Des résidents ont été retrouvés souillés, assoiffés, mal nourris. L’ampleur du drame qui se tramait et l’ambiguïté des consignes dans les foyers pour personnes âgées y a pris toute sa mesure.

Plusieurs témoignages sont attendus. Notamment la haute direction du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île qui a mis sous tutelle l’établissement du chemin Herron. La présidente-directrice générale Lynne McVey, ainsi que la directrice des soins professionnels et directrice adjointe Dre Nadine Larente viendront s’expliquer. On tentera de comprendre pourquoi il a fallu autant de temps pour obtenir les autorisations nécessaires pour agir avec autorité.

Les infirmières présentes au moment des faits, au printemps, seront entendues au cours du mois de mars.

Défileront aussi à la barre des témoins la sergente détective au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Andréanne Laplante, ainsi que la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin.

Décès typiques

Le Bureau du coroner analysera plus ou moins 55 décès considérés comme représentatifs.

Cette méthode permet de brosser un portrait global de la situation dans chaque milieu de vie, étant donné la similarité des cas.

«Si, en cours d’investigation sur un ou deux décès, on réalise par exemple que la nuit durant les fins de semaine, il n’y avait pas d’infirmière pour donner des médicaments, il y a une forte présomption qu’ils sont probablement plusieurs à ne pas avoir eu leurs médicaments», illustre le coroner en chef adjoint, Me Luc Malouin.

Ainsi, l’enquête se penchera seulement sur quelques décès typiques par résidence. «On va regarder comment on a traité Monsieur ou Madame, explique Me Malouin. Est-ce qu’elle a reçu les soins médicaux appropriés? Est-ce qu’on l’a bien hydraté? Est-ce qu’on a suivi le plan de traitement infirmier qui existe dans les CHSLD?»

Si la coroner Kamel constate que tout a été suivi à la lettre, elle pourrait conclure que, bien que les morts soient liés à la COVID-19, il n’y avait rien à faire parce que les procédures ont été respectées.

En revanche, si elle arrive des actions n’ont pas été faites selon les règles, chaque personne responsable devra s’expliquer.

Les audiences publiques concernant les décès survenus au CHSLD Herron de Dorval se tiendront du 15 au 17 février et du 8 au 11 mars au palais de justice de Montréal. Des audiences se tiendront du 15 au 18 mars au palais de justice de Longueuil. Six autres résidences pour aînés sont aussi visées par cette enquête publique du Bureau du coroner.

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