LaSalle

Une LaSalloise lauréate d’un prix d’alphabétisation

Yelli Coulibaly
Yelli Coulibaly étudie au Centre d’éducation des adultes, édifice Clément. Photo: Denis Germain, Métro

La LaSalloise Yelli Coulibaly est la lauréate québécoise du Prix de l’alphabétisation 2021, décerné par le Conseil de la fédération.

Mère de quatre enfants, la femme de 40 ans a connu un parcours semé d’embûches pour atteindre un niveau minimal en littéracie depuis son arrivée au Québec, il y a six ans. Elle souhaite que son parcours inspire ses enfants, qui l’aident d’ailleurs beaucoup dans son apprentissage.

Originaire de la Côte d’Ivoire, elle n’a jamais pu compléter son éducation de niveau primaire dans son pays.

Elle a été récompensée pour un texte qui relate son parcours vers l’alphabétisation. C’est sous la recommandation de son enseignante au Centre d’éducation des adultes (CEA), édifice Clément, Patricia Baril, qu’elle a décidé de tenter sa chance.

«Avez-vous déjà été visité dans votre sommeil par un géant? Le mien se présente à moi dans mon quotidien, dans les lieux publics, à la banque, à l’épicerie ou encore à l’hôpital, au restaurant et j’en passe. Je me sentais intimidée, une boule dans le ventre qui vous étouffe. Je ris pour paraître plus normal, pour cacher mon handicap», écrivait-elle dans sa lettre.

Elle vivait avec cette crainte, jusqu’à tout récemment.

«Des fois, je me trouve dans les endroits publics et on me demande de remplir un formulaire. Et là, je deviens toute petite. J’ai peur. Peur d’être rejetée par la société, peur des moqueries et je me sens vulnérable», dit-elle la gorge nouée d’émotion.

Chaque jour quand je peux lire une phrase, le nom d’une rue, pour moi c’est plus que tout.

Yelli Coulibaly étudie au Centre d’éducation des adultes, édifice Clément.

Parcours

Dès son arrivée au Canada, elle a commencé à travailler à temps plein pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle voulait également compléter parallèlement son parcours scolaire.

Elle s’est toutefois butée à de sérieux obstacles. Aucune école publique n’offrait de cours de français le soir.

Après plus de deux ans de démarches, le CEA lui offre enfin la possibilité de suivre des cours à temps partiel, grâce à une entente. Elle travaille dix jours consécutifs afin de dégager deux journées par semaine, une semaine sur deux. Elle complète son éducation avec l’organisme Lettres en main.

Grâce à cela, elle a pu faire sa demande de citoyenneté, sans devoir passer le test de français.

Selon elle, c’est un non-sens que si peu d’établissements offrent des cours accrédités en soirée.

Malgré ses retards en littéracie, Mme Coulibaly travaille tout de même comme aide générale dans une résidence pour aînés.

Avec les progrès qu’elle a réalisés depuis deux ans, elle peut maintenant lire et écrire, en plus de faire elle-même ses opérations bancaires et de remplir plusieurs formulaires, sans aide.

Actuellement, elle a presque terminé le programme présecondaire, l’équivalent de l’éducation primaire, et vise le diplôme d’études secondaires.

Prix d’alphabétisation

Ces prix sont décernés dans les 13 provinces et territoires du Canada afin de souligner des réalisations exceptionnelles, des pratiques novatrices ou encore l’excellence en alphabétisation.

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