Des citoyens de LaSalle, Lachine et Verdun se mobilisent contre les compteurs «intelligents» d'Hydro-Québec
Des résidants de LaSalle, Lachine et Verdun sont les premiers clients de la région de Montréal ayant reçu le préavis de 30 jours avant l’installation de nouveaux compteurs «intelligents» d’Hydro-Québec. Inquiets des effets sur la santé et l’exposition prolongée aux micro-ondes puisées par ces compteurs, plusieurs ont manifesté le désir de conserver gratuitement et sans condition leurs compteurs électromécaniques actuels.
Le mardi 19 février au cégep André-Laurendeau, une cinquantaine de personnes ont assisté à une séance d’information sur les enjeux sanitaires et environnementaux de ces compteurs. Une séance animée par Marie-Michelle Poisson de «Villeray Refuse», ainsi que Francine Lajoie et Véronique Riopel de «Laval Refuse».
Hydro-Québec espère déployer 1,7 million de compteurs «intelligents» dans les îles de Montréal et de Laval, ainsi que dans les couronnes nord et sud. LaSalle et Lachine seront les premiers secteurs touchés.
Selon les opposants, «ces nouveaux compteurs présentent des risques sérieux pour l’économie, la vie privée, l’environnement et la santé. Ils émettent en permanence des ondes potentiellement cancérigènes pouvant causer insomnies, migraines, acouphènes, palpitations cardiaques et étourdissements.»
Hydro-Québec se défend en affirmant que «ces compteurs sont sans danger pour la santé. Ils sont sécuritaires et leur émission de radiofréquences est 120 000 fois inférieure à la limite d’exposition recommandée par le Code de Sécurité 6, qui impose les exigences à respecter en cette matière au Canada,» affirme Danielle Chabot, attachée de presse à la société d’État.
C’est en 2011 qu’Hydro-Québec a lancé ces compteurs, nouvelle génération. Grâce à une antenne qui peut émettre et capter des radiofréquences, les données sur la consommation d’électricité d’un foyer seront transmises par un réseau sans fil et un routeur. S’il est trop éloigné, le signal sera capté par d’autres compteurs. Au final, Hydro-Québec lira ces données à distance et permettra de détecter automatiquement les pannes.
Le quartier Villeray a été retenu pour un projet-pilote. L’installation de 20 000 compteurs était prévue mais des citoyens se sont regroupés au sein du mouvement «Villeray refuse». Depuis, plusieurs municipalités ont joint le mouvement, dont Magog, Laval et Boucherville.
Francine Lajoie de «Laval Refuse» a parlé d’électro-pollution qui risque de s’amplifier avec ces compteurs avec les champs électromagnétiques artificiels. «On pourrait comparer ça à un genre de toile d’araignée tissée autour de l’être humain et qui perturbe l’environnement.»
L’option de retrait
Pour ceux qui ne désirent pas ces compteurs intelligents, Hydro-Québec offre une option de retrait, moyennant des frais de 137 $ en plus d’une cotisation de 17 $ par mois.
Pour les opposants, «cette option est inéquitable en raison des nouveaux frais exigés des seuls clients de la région de Montréal. Elle est discriminatoire car ces frais ne peuvent pas être assumés par les personnes à faibles revenus. La politique de retrait est inapplicable pour la plupart des propriétaires et des locataires de multiplex aux prises avec de nombreux compteurs groupés. Les demandes de retrait ne pourront se faire que sur une base individuelle.»
«Depuis le 28 janvier, les citoyens de la Colombie-Britannique ne peuvent plus être forcés d’accepter un compteur intelligent. Ceux qui ont refusé l’installation ont obtenu le droit officiel de dire NON. C’est ce même droit que nous obtiendrons si nous restons solidaires.»
Des moyens d’action
Les personnes présentes à la soirée étaient invitées à signer une nouvelle pétition.
Une première pétition de 17 363 signatures a été déposée à l’Assemblée nationale le 4 décembre. Selon Véronique Riopel, «le message qu’on veut envoyer, c’est que même s’ils refusent notre première pétition, ils en recevront une autre bientôt. Puis, avec une troisième pétition, il pourrait y avoir une commission parlementaire regroupant des élus de tous les partis. On pourrait peut-être présenter un mémoire et rencontrer les sept membres de la commission parlementaire.»
Les opposants sont invités à communiquer avec leurs élus municipaux, ainsi que les députés provinciaux et fédéraux de la région par divers moyens (lettres, courriels, appels téléphoniques, etc).