Le veto tombe à l’eau
La Ville de Montréal fait volte-face et retire la motion déposée le 21 octobre au conseil municipal. Celle-ci donnait au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) un droit de véto sur les mesures d’atténuation de la circulation des arrondissements. Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez se dit satisfait de ce revirement, mais s’engage à collaborer avec le SIM pour la suite des choses.
La Ville de Montréal a déposé une motion au conseil municipal, le vendredi 21 octobre, pour modifier le règlement sur la circulation urbaine, afin d’obliger les arrondissements à obtenir l’autorisation du (SIM) pour l’installation de dos d’âne et d’autres mesures d’apaisement de la circulation, y compris les changements de sens de certaines rues.
Cette décision de la Ville aurait été prise à la suite de plaintes du président du SIM, Serge Tremblay, qui estimait que certaines mesures d’atténuation de la circulation, particulièrement les dos d’âne, compliquaient les déplacements des véhicules d’urgence, tout en retardant les interventions de quelques secondes.
La Ville réajuste son tir
Le 25 octobre, la Ville a toutefois décidé de retirer ladite motion, à la suite d’échanges avec plusieurs acteurs importants du dossier, dont des élus locaux. Les arrondissements retrouvent ainsi leur plein pouvoir, le temps que la Commission de la sécurité publique étudie la question.
« Au conseil de ville du 25 octobre, les élus des trois partis ont reconnu que la sécurité des Montréalais ne se résume pas au temps réponse des pompiers. La prévention des accidents – en particulier ceux impliquant les piétons – par l’apaisement de la circulation est une dimension essentielle de la sécurité des Montréalais », a commenté Luc Ferrandez par voie de communiqué.
« Même les pompiers se rendaient compte que ce qui était proposé par la Ville était peut-être trop radical par rapport à leurs besoins, a affirmé Luc Ferrandez au journal Le Plateau. La Ville proposait un veto des pompiers, alors que les pompiers voulaient simplement que leurs besoins de déplacement soient pris en compte. Les pompiers n’ont pas les moyens pour gérer toutes les mesures d’apaisement de la circulation à travers la ville ».
Les dos d’âne survivront
« C’est clair que c’est important que les pompiers puissent réagir rapidement quand il y a un accident ou un incendie, mais on a aussi besoin de mesures préventives pour les éviter. Les dos d’âne sont reconnus comme étant une des mesures les plus efficaces pour ralentir la vitesse des véhicules », a ajouté le maire.
Pour cette raison, Luc Ferrandez ne renonce pas aux dos d’âne, bien qu’il considère légitimes les demandes des pompiers et qu’il accepte de faire un pas dans leur direction, « à condition que le principe d’apaisement de la circulation soit préservé », explique-t-il.
« On est prêt à reporter au printemps les dos d’âne qu’on avaient prévus, pour donner aux pompiers le temps de faire une analyse plus détaillée de ce qu’ils veulent. Je suis prêt à regarder toutes les autres possibilités avant le dos d’âne, si les autres possibilités permettent d’atteindre les autres objectifs. Ceci étant dit, je ne leur donne pas le veto. On pense qu’il faut des dos d’âne », confirme-t-il.
Des bollards de restriction de la largeur de la rue, des saillies de trottoirs ou d’autres types de dos d’âne pourraient éventuellement être pris en considération. Selon Luc Ferrandez, ce sont les dos d’âne « allongés » qui déplaisent le plus aux pompiers.
L’arrondissement s’engage également à fournir, pour chaque district visé, des plans de circulation globaux encore plus précis que ceux qui ont déjà été rendus publics.
Toutefois, pour l’heure, l’issue du dossier demeure encore inconnue. Tout dépendra des conclusions de la Commission de la sécurité publique de Montréal. « On est dans le vague. On ne sait pas trop ce qui va se passer, estime M. Ferrandez. Mon intuition : on va trouver des mesures différentes que le veto pour arriver à résoudre ce problème ».