S’attaquer aux graffitis
Les événements politiques et sociaux ayant un impact direct sur la société, des coupes financières dans des subventions ou des élections par exemple, sont des éléments déclencheurs pour les graffiteurs qui emploient alors les murs des établissements pour faire passer leurs messages.
Les appels à l’anarchie, à la révolution, au chaos et les slogans contre le capitalisme ou l’embourgeoisement sont devenus monnaie courante à Hochelaga-Maisonneuve.
« Auparavant, nous avions beaucoup de graffitis au sujet des condos et de l’embourgeoisement dans le quartier. Depuis le printemps érable, les appels à l’anarchie et les messages contre la police se sont multipliés », affirme l’agent sociocommunautaire du poste de quartier 23, Pierre Boudreau.
L’organisme Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur (YQQ) rapporte une hausse des demandes de nettoyage de graffiti depuis quelques années. Habituellement, les techniciens de YQQ enlèvent 8000 m2 de graffiti annuellement. Toutefois, ce nombre a plus que doublé au cours des deux dernières années, soit 15 500 m2 en 2011 et 21 500 m2 en 2012. D’ailleurs, l’organisme estime qu’il enlèvera dans les 20 000 m2 de graffiti en 2013.
Une situation qui a un impact néfaste sur les citoyens du quartier.
« Ces messages sont souvent haineux. S’il y a beaucoup de messages de ce type, l’endroit devient mal propre et les résidents s’approprient moins leur milieu. Ça crée alors des poches d’insécurité », indique la directrice générale de YQQ, Pauline Picotin.
« Quand c’est un TAG, les citoyens sont plus ou moins interpelés, explique M. Boudreau. Quand ce sont des appels au chaos, il y a de l’insécurité qui s’installe et il ne faudrait pas grand-chose pour qu’il y ait une panique généralisée. »
Priorités
Ayant des effets négatifs sur la qualité de vie des résidents, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur ont décidé de s’attaquer sérieusement à cette situation, chacun à leur façon.
L’organisme de l’arrondissement Mercier – Hochelaga-Maisonneuve priorise le retrait des graffitis à caractère haineux. M. Boudreau se rappelle que de nombreux dessins violents ont été enlevés seulement quelques heures après l’appel à YQQ.
« Nous nous assurons d’avoir le consentement du propriétaire du bâtiment et ensuite nous effaçons le graffiti dans un délai de 24 ou 48 h. Néanmoins, nous priorisons ceux portant atteinte à la qualité de vie des citoyens », mentionne Mme Picotin.
Pour les policiers, arrêter ces graffiteurs est au sommet de leur liste.
« Pour diminuer le sentiment d’insécurité, les personnes témoins d’un dessinateur en train de graffiter, doit appeler le 911. À Montréal, c’est devenu un appel prioritaire. Chaque graffiti rapporté est photographié et classé avec la signature de son auteur. Si on arrête ce dernier, on peut l’accuser de plusieurs méfaits. On en a arrêté quelques un depuis quelques années », fait valoir M. Boudreau.