« Les Auberges du cœur, l'art de raccrocher les jeunes »
Le manuscrit de Mmes Émond et Lafond, respectivement journaliste et photographe, raconte le quotidien des jeunes en difficulté hébergés dans les auberges et des intervenants qui oeuvrent au sein de ces milieux de vie uniques.
Les jeunes se sont livrés sans retenue. Leurs défis et leurs succès sont exposés en toute simplicité.
David, qui n’avait aucune place où demeurer, a découvert les auberges du cœur en 2001. En pleine nuit, il est passé devant un établissement du regroupement et a décidé de sonner. Immédiatement, il a été accueilli avec respect et dignité. Cette décision a changé sa vie.
Durant son séjour, il a repris confiance en ses moyens et a beaucoup travaillé sur lui. Il est retourné aux études. Il a obtenu son baccalauréat en psychologie.
Il entame son doctorat, toujours en psychologie, et il est intervenant au sein de l’auberge qu’il a lui-même fréquentée.
L’histoire de David n’est qu’une parmi tant d’autres. Difficile pour les lecteurs de ne pas s’attacher à ces jeunes qui, au fond, ne demandent qu’à prendre leur place.
« Au cours de ces quatre mois, j’ai côtoyé des gens de cœur et d’action. Ça été une tournée folle, mais tellement enrichissante au plan humain. Le parcours a été vertigineux… et passionnant », souligne Mme Émond.
25 ans de soutien
Le lancement du livre, tenu le 10 octobre dans les locaux du Centre communautaire, culturel, social, éducatif (CCSE) Maisonneuve, coïncide avec le 25e anniversaire du Regroupement des Auberges du cœur.
Depuis l’ouverture de la première maison, dans les années 1970, près de 60 000 jeunes ont été hébergés, accompagnés et soutenus par les Auberges du cœur.
Aujourd’hui, le regroupement compte 29 établissements, dans 10 régions du Québec, avec la même mission commune : héberger les jeunes en difficulté, les accompagner dans leur démarche pour stabiliser leur vie et réaliser leur plein potentiel.
En 2007, une étude réalisée par trois chercheurs de l’UQAM, a décrit le travail d’intervention des Auberges du cœur comme des « pratiques d’affiliation sociale » qui permettent aux jeunes de s’engager dans une démarche de reprise de pouvoir sur leur vie.
Cette approche qui leur est propre vise à aider les jeunes en difficulté ou sans abri à reconstruire des liens avec eux-mêmes, avec leurs proches et avec leur communauté. L’objectif en est la pleine participation sociale de ces jeunes.
Au fil des ans, les Auberges du cœur ont aussi développé des volets d’activités complémentaires. Certaines ont des plateaux de travail, des appartements supervisés ou des logements sociaux, ainsi que des entreprises de réinsertion à l’emploi.
Elles assurent un suivi posthébergement qui permet de garder vivant les liens après un séjour.
Alors que le Québec vient de vivre un soulèvement de sa jeunesse marquée par une quête de justice sociale, « Les Auberges du cœur, l’art de raccrocher les jeunes » est un éclairage sur la réalité qu’affronte une grande part de jeunes. Ceux qui vivent dans la précarité, qui se débrouillent en marge de la société, mais qui souhaitent améliorer leurs conditions de vie et leurs chances de réaliser leurs rêves et leurs aspirations.
Les Auberges du coeur dans Hochelaga-Maisonneuve
-Les Habitations de l’Escalier -L’Avenue -Le Foyer des jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal -La maison Tangente