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Un premier roman pour le «conteux du village»

Un premier roman pour le «conteux du village»
Photo: François Lemieux/Cités Nouvelles

Connu depuis quelques années comme le «conteux du village» dans le cadre de visites historiques de L’Île-Bizard – Sainte-Geneviève, André Laniel a récemment publié son premier roman. Compagnon à maître-cordonnier retrace l’histoire de son ancêtre, au début des années 1680.

À l’époque de la colonisation, le roi Louis XXIV avait promis d’octroyer le titre de maître-cordonnier aux apprentis, qu’on appelait «compagnons». C’est une des raisons qui a poussées Julien Lagnel (Laniel) dit Desrosiers, Soulange et Bellerose, à faire le voyage jusqu’en Nouvelle-France.

«J’ai fait une fiction en me basant sur les faits dont je disposais, indique l’auteur de 70 ans. C’est l’ancêtre de tous les Laniel en Amérique du Nord. Mais il manquait beaucoup d’information sur lui. On n’avait pas sa date de naissance. J’ai extrapolé par rapport à sa date de mariage. On sait qu’il n’était pas soldat ni bourgeois. J’ai donc supposé qu’il était venu comme engagé».

Le réel et la fiction s’entremêlent dans le récit publié aux Éditions Histoire Québec, qui se déroule à un moment difficile pour ceux qui venaient s’établir.

«Ça prenait des gens qui avaient un courage incroyable. Par exemple, le voyage en bateau durait deux ou trois mois. Les conditions d’hygiène étaient terribles. On ne se lavait et ne se changeait pas de tout le périple. Les gens attrapaient des maladies contagieuses. Un peu plus de 10% des passagers mourraient. C’était atroce comme situation», explique André Laniel.

Mariage
Débarqué dans la région de Québec, le jeune Français s’éprend d’une Canadienne de 13 ans. Le père de l’adolescente éprouve de la difficulté à réaliser que sa fille est en âge de fréquenter un jeune homme d’une vingtaine d’années.

«Dès qu’une fille était en mesure de procréer, elle était en mesure de se marier. En consultant les arbres généalogiques, on constate que, plus souvent qu’autrement, elles sont beaucoup plus jeune que l’homme», soutient M. Laniel.

À travers le récit, le lecteur en apprend beaucoup sur les mœurs des colons français, dont la façon dont ils se nourrissaient. Si l’histoire du personnage principal est romancée, la trame historique du récit, elle, est précise.

«Il y a quelques éléments historiques clés que je voulais décrire, fait valoir l’auteur. Je trouvais qu’ils étaient importants et que très peu de gens connaissent dans la région de Montréal.»

Le livre de près de 250 pages est le fruit d’un travail de recherche et d’écriture de six ans que M. Laniel a présenté lors du dernier Salon du livre, en novembre.

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