Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est
16:49 29 septembre 2020 | mise à jour le: 1 octobre 2020 à 11:37 temps de lecture: 3 minutes

Fermeture des bars et restaurants: des propriétaires déçus et inquiets

Fermeture des bars et restaurants: des propriétaires déçus et inquiets
Photo: IStock

Nouveau coup de massue pour les restaurateurs et tenanciers de bars de Pointe-aux-Trembles. Comme partout en zone rouge, ils devront fermer leurs portes pour 28 jours. La déception est lourde et les craintes sont vives.

Cette fermeture forcée est particulièrement difficile à avaler pour Wisline Rempart, propriétaire du K-lalou, un restaurant de mets haïtiens inauguré le 25 juillet. À peine lancée en affaires, la voilà contrainte de mettre les freins.

«J’ai peur que le rêve qu’on a, qu’on en ait juste vu une petite lueur, et qu’on soit obligé de fermer. On a investi du temps, on a investi de l’argent, c’est ça que je trouve difficile.»

Le café FOMO, pour sa part, a pris la décision difficile de ne pas vendre de produits pour emporter et de fermer complètement jusqu’à la fin du mois d’octobre. « Nous ne pouvons nous permettre d’ouvrir les portes sous risque de perdre trop de nourriture ce qui tuera notre marge de profit», écrivent ses propriétaires dans un message publié sur Facebook.

À l’Association des commerçants et professionnels du Vieux-Pointe-aux-Trembles, l’annonce de la fermeture a coïncidé avec la remise des chèques aux commerçants, dont cinq restaurateurs, au terme de la Campagne de sociofinancement J’achète Pointo.

«C’était assez triste. On a beau avoir participé à cette campagne-là, avoir injecté des sous, hier c’était vraiment un coup dur», affirme Joanne Paiement, présidente de l’association.

Injuste

«Le gouvernement a mal visé. Nous, les restaurateurs, on est conscient de ce qui se passe. Si on ne fait pas attention à nos clients, c’est nous qui sommes perdants », exprime Wisline Rempart.

« C’est plate, parce qu’à un moment donné [les cas de contagion], c’est plus dans les maisons. Dans les restaurants, on avait un registre, s’il y avait un cas de déclaré. Tandis que dans les maisons, il n’y en a pas », exprime pour sa part Mathieu Huppé, propriétaire du Boulzeye.

Lucie Lacaille, copropriétaire du bar Lanjeu, aurait aimé que l’annonce du gouvernement sur la fermeture des bars soit accompagnée de mesures concrètes d’aide déjà établies. «Ils le savaient qu’ils allaient fermer les bars. Ils disent on va vous dédommager. Mais pourquoi ça, ça n’a pas été organisé avant?», s’interroge-t-elle.

S’adapter

Les restaurateurs et tenanciers de bars tenteront de s’adapter, chacun à leur manière.

«On va continuer, parce que je ne peux pas me permettre de fermer. Je vais continuer à ouvrir, à faire du take out, à faire la livraison», exprime Wisline Rempart.

Du côté du Boulzeye, M. Huppé indique que l’établissement ne fera pas de livraison ni de commande pour emporter: le resto-bar ferma donc pour 28 jours.

Si la nouvelle le déçoit, M. Huppé la voyait cependant venir depuis quelques semaines. «On va faire des potages, on va les congeler. On garde nos inventaires très bas depuis la COVID.»

Ce texte a été modifié. Dans sa version originale, il est indiqué que le Boulzeye allait maintenir les autres activités offertes par l’établissement, notamment le bowling. Le Boulzeye va cependant suspendre toute activité pour 28 jours.

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