La piste cyclable de la colère
Les premières critiques ont été formulées lorsque des commerçants dont les établissements se situent sur le tronçon du boulevard situé entre la rue Sherbrooke et l’autoroute 40 ont pris la parole au conseil d’arrondissement du 6 mars. Elles soutenaient qu’une piste cyclable n’avait pas sa place sur un boulevard industriel comme Saint-Jean-Baptiste. Rappelons que le boulevard est le seul axe qui relie RDP et PAT.
Non contents des réponses de la mairesse qui présidait le conseil, les commerçants ont même convoqué l’Avenir de l’Est pour préciser leur point de vue. Dans une entrevue publiée le 3 avril, Mario Christin et Annie Lecours estimaient que cette piste cyclable, située dans un endroit inesthétique, ne serait pas sécuritaire pour les cyclistes et nuirait en outre à l’économie des commerces. Aussi ils voulaient que la mairesse mette sur pied une consultation publique pour que les citoyens qui le désirent puissent se prononcer sur le projet, ce à quoi la politicienne a répondu qu’une soirée d’information suffirait étant donné que la formule réclamée par les commerçants serait soumise aux complexes règlements de l’Office de consultation publique de Montréal.
Bien sûr, des citoyens et d’autres commerçants se sont montrés favorables au projet, dont un propriétaire d’un magasin de vélos et de skis, situé sur la rue Notre-Dame, tout près de Saint-Jean-Baptiste. Ce dernier, Michel Kandarakis, estimait que la piste cyclable serait utile, car de nombreux cyclistes empruntent cette voie tous les jours.
Il est à noter que certains commerçants qui travaillent dans le domaine de l’automobile ont critiqué le journal pour avoir donné la parole à un commerçant de vélo.
Le 26 avril, les conseillers municipaux opposés à la mairesse, Giovanni Rapanà et Maria Calderone, ont donné leur appui aux commerçants lors d’une conférence de presse organisée en partenariat avec le propriétaire de la boutique La Cuve à vin. Les deux conseillers ont exhorté Mme Rouleau à organiser une consultation publique. Mme Calderone a même qualifié l’attitude de la mairesse dans ce dossier de « dictatoriale ».
Cette « saga » s’est terminée après la soirée d’information promise du 30 mai. Les élus y avaient invité des experts pour parler du projet. Ceux-ci ont rappelé que Saint-Jean-Baptiste, par son faible trafic routier, permettait facilement que l’on y réduise le nombre de voies. Les commerçants ont profité de l’occasion pour déposer une pétition contre le projet qui contenait selon eux 1000 signatures.
Aujourd’hui, le plan concept est toujours suivi. Jusqu’à maintenant, des pistes cyclables ont notamment été aménagées au nord du boulevard Maurice-Duplessis.