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Dans l’ombre de la fermeture de Shell

En 2011, plusieurs dossiers ont franchi des étapes cruciales, notamment l’ouverture du premier marché public dans l’Est et la venue de l’équipe Junior AAA les Rangers. Malgré ces bonnes nouvelles, le secteur a vécu dans l’ombre d’un événement survenu en 2010, la fermeture de Shell. Cette fermeture a eu des répercussions, qui ont été ressenties tout au long de l’année, que l’on pense au maigre budget de la Ville de Montréal-Est ou à la création du comité de développement de l’est de Montréal.

« La fermeture de Shell a eu un assez grand impact sur l’arrondissement, même si c’est Montréal-Est qui a été le plus touché », commente la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

Rappelons que des 550 employés de la raffinerie Shell de Montréal-Est, environ 30 % habitent le secteur de Montréal-Est-Pointe-aux-Trembles. Pour les revenus de Montréal-Est, ce démantèlement représente une baisse de plus de 3 M$ par année, sans compter les contestations aux rôles d’évaluation. Une situation qui aura des conséquences économiques et sociales importantes.

Annonce et mobilisation

« Après plus de onze mois de recherches pour trouver un acheteur approprié pour sa raffinerie de Montréal-Est, Produits Shell Canada a annoncé aujourd’hui que le processus n’avait pas été fructueux et qu’elle ira maintenant de l’avant avec la transformation de la raffinerie en terminal », émettait la pétrolière par voie de communiqué, le 4 juin 2010.

« Tout d’abord, nous avons tout tenté pour trouver un acheteur, raconte le maire de Montréal-Est, Robert Coutu. Nous avons profité de cette mobilisation pour assurer des jours meilleurs pour l’est de Montréal et cela nous a permis de fonder le comité de développement de l’est de Montréal. »

« L’industrie pétrochimique a été démembrée. La fermeture a laissé un grand trou dans le tissu industriel de l’Est. En même temps, il s’agit d’une opportunité puisque cela demande une redéfinition de l’industrie. Il faut faire du développement durable. Il faut attirer une industrie performante économiquement, mais aussi environnementalement », indique Mme Rouleau.

Redéfinition de l’industrie

« L’instauration du plan d’action de l’est de Montréal 2011-2017, élaboré en partenariat avec les gouvernements municipaux, provinciaux et fédéraux, nos entreprises et nos associations, permettra de consolider les efforts de la Ville et des partenaires afin d’exploiter le potentiel du territoire », déclare M. Coutu.

Mme Rouleau ne partage pas son enthousiasme : « le plan de relance est pâle et il ne tient pas compte de la réalité. Ce n’est qu’une courtepointe de projets déjà initiés. Ce plan nous a toutefois insufflé une nouvelle inspiration. Nous avons commencé l’analyse des besoins de l’industrie. Nous avons eu plusieurs rencontres avec M. Coutu pour parler de développement économique et nous avons pris conscience que nous avions besoin l’un de l’autre », explique Mme Rouleau.

« Un inventaire physique de tous les terrains sera dressé en 2012. Nous serons ainsi en mesure d’établir nos priorités et de nous positionner avantageusement par rapport aux autres villes dans le monde. Une meilleure compréhension des atouts particuliers de l’est de Montréal est essentielle. En consolidant notre vouloir, notre savoir et notre pouvoir, nous serons en mesure d’accueillir ensemble des entreprises mondiales de qualité dans différents secteurs de pointe en émergence, et de créer de la richesse ainsi que de l’emploi pour nos citoyens », affirme M. Coutu.

Après la fermeture

Lors de la séance du conseil de Montréal-Est du 21 novembre dernier, les conseillers ont reconnu l’importance de la chaîne du polyester pour l’économie de la Ville. « Nous avons raison d’être fiers que cette grande industrie soit présente dans l’est de Montréal. Elle est performante et à la fine pointe de la technologie. Nous avons un véritable écosystème industriel, avec des synergies qui permettent de réduire la consommation d’énergie et d’optimiser l’utilisation des ressources », mentionne Robert Coutu.

La mairesse Rouleau dit surveiller de près la décontamination du site de Shell. Des négociations sont toujours en cours entre la Ville de Montréal-Est et la pétrolière à ce sujet.

« Nous sommes en excellente position pour faire nettoyer et développer l’ensemble de nos terrains vacants sur notre territoire. Dans les circonstances, le statu quo n’est donc plus acceptable et il faut promouvoir les liens existants afin d’y arriver avec les propriétaires. Il reste beaucoup de travail à faire à ce niveau pour favoriser les investissements et nous sommes convaincus que nous y arriverons au cours des prochaines années », conclut M. Coutu.

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