Un budget inéquitable, estime Chantal Rouleau
« C’est conséquent avec ce qui avait été prévu en 2009, analyse Mme Rouleau. Il avait été dit par un éditorialiste que pendant le mandat de [Gérald] Tremblay, il y aurait une augmentation de 16 % des taxes, et là on est rendu à 13 %. »
Ainsi, en 2012, l’administration Applebaum-Tremblay imposera une augmentation de taxes moyenne de 3 % pour les propriétaires montréalais. En 2010 et en 2011, les augmentations avaient été respectivement de 5,2 % et de 4,3 %.
Cette hausse, qualifiée de « très raisonnable » par le maire Tremblay dans le cadre d’un budget « d’assainissement » des finances, est en partie causée par une nouvelle taxe d’eau, qui représente 0,5 % sur 3 %.
Dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies—Pointe-aux-Trembles, cette hausse, incluant la taxe relative à l’eau, sera plutôt de l’ordre de 2,61 % pour les propriétaires d’immeubles résidentiels et de 3,44 % pour ceux qui possèdent des immeubles non résidentiels.
Les revenus de la Ville-centre s’établiront donc à 4,629 G$ et les dépenses à 4,743 G$. Les principales augmentations de dépenses sont dues au financement des caisses de retraite des employés de la Ville de Montréal, qui a bondi de 132 M$ par rapport à 2011.
En comparaison, l’arrondissement de Mme Rouleau bénéficiera de revenus de 59,599 M$.
« On impose plus, mais on fait moins avec ce budget-là », dit la mairesse, qui croit que les arrondissements sont pris à la gorge et qu’ils doivent essayer de « sauver les meubles ».
« Il y a une disparité entre notre mission et les moyens pour faire notre mission, dit-elle. Il faut qu’on fasse une gymnastique assez incroyable pour y arriver.
« Une meilleure péréquation pour les arrondissements, de meilleurs budgets pour les arrondissements, et rétablir les fonds de développement », pourraient les aider à offrir de meilleurs services aux citoyens.
Mme Rouleau se dit fière de ne pas imposer une taxe locale à ses concitoyens comme le font près de la moitié des arrondissements.
Autour de l’eau
La mairesse Rouleau, qui est aussi vice-présidente de la Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs, salue la taxe relative à l’eau qui a été ajoutée dans le budget de la Ville,
« Le 0,5 % pour l’eau est tout de même essentiel, car il faut investir dans les infrastructures de l’eau », affirme-t-elle, bien qu’elle aurait souhaité que cette taxe soit intégrée aux 2,5 %, au lieu d’y être additionnée.
La mairesse salue également la décision du maire Tremblay qui refilera la facture des compteurs d’eau aux industries, commerces et institutions (ICI) dans lesquels ils seront installés. Ce geste fera économiser aux Montréalais 55 M$.
« Toutefois, nous exigeons d’avoir des garanties que la totalité de la facture sera assumée par les propriétaires des ICI, incluant la préparation de la tuyauterie, le coût du compteur, les frais d’installation et les frais d’administration », a-t-elle spécifié dans un communiqué publié le vendredi 2 décembre.
Elle a aussi rappelé qu’à la suite du scandale des compteurs d’eau à Montréal, durant lequel la Ville a annulé un contrat onéreux pour l’installation de ces compteurs d’eau, la Ville de Québec a décidé de faire payer cette facture aux ICI.