Culture
18:13 16 octobre 2020 | mise à jour le: 16 octobre 2020 à 18:13 temps de lecture: 3 minutes

Pony: weirdness et renouveau sur la Plaza St Hubert

Pony: weirdness et renouveau sur la Plaza St Hubert
Photo: Zoé Magalhaès/Métro MédiaPony dans sa nouvelle boutique Émotions infinies.

Alors que la Plaza St Hubert achève sa transformation, l’artiste montréalaise Pony a choisi de s’y installer. Dans sa toute première boutique permanente, ses illustrations aux couleurs vives font oublier un peu le bruit des travaux et la grisaille de la pandémie.

Après plusieurs boutiques éphémères, Gabrielle Laïla Tittley, plus connue sous le nom de Pony, s’est décidée à jeter l’ancre. Elle a ainsi ouvert sa boutique permanente sur la rue Saint-Hubert au début du mois.

«On voulait un endroit à nous qui nous ressemble, avec notre vibe. Je le vois comme un lieu où tout est possible. On veut aussi que ce soit un lieu inclusif où tout le monde se sente à l’aise», explique l’artiste.

Outre ses illustrations imprimées sous forme d’affiches, Pony vend aussi plusieurs sortes de produits dérivés. À mi chemin entre galerie d’art et marque de mode, la boutique propose ainsi des chandails, des cotons ouatés, des boxers, des pins, ou encore des masques.

Un «mini réconfort»

À travers son travail, Pony aborde, avec une touche d’humour, des questions liées à la santé mentale. Ses masques, aux motifs colorés et aux messages positifs sont justement à l’image de sa démarche artistique.

«Au début de la crise, en tant qu’artistes on se sentait pas mal inutiles. Notre but premier avec les masques était d’aider les gens dans le besoin de manière concrète», raconte-t-elle.

Grâce à la vente des masques, Pony et son équipe ont pu récolter l’argent permettant d’en distribuer gratuitement plusieurs milliers d’autres à des organismes communautaires.

Mais au-delà de leur usage pratique, les masques dessinés par Pony ont aussi pour but de remonter le moral des gens.

«C’est pas un masque médical, ça te rappelle pas que c’est l’apocalypse à tous les jours. On affiche des messages positifs en espérant qu’ils offrent un mini réconfort quotidien», explique-t-elle.

La Plaza St Hubert, un bon fit

Selon Pony, la Plaza St Hubert était le lieu idéal pour créer un espace de réconfort et de bienveillance autour de son travail.

«J’aime vraiment le weirdness de la Plaza. C’est un mix parfait de gens old school qui sont là depuis tellement longtemps, de gens étranges et de nouveautés également», dit-elle.

Consciente de la lassitude que peuvent ressentir certains après deux longues années de travaux, elle croit fermement en l’avenir de la Plaza St Hubert.

«Pour moi c’est une évidence que la Plaza est le prochain lieu où les gens vont venir magasiner à pied à Montréal», affirme Pony.

Quand la situation le permettra, l’artiste souhaite d’ailleurs faire de sa boutique un lieu où se rassembler. Elle aimerait tenir là des événements propices à la discussion, notamment autour des enjeux de santé mentale qui lui sont chers.

«La santé mentale ça fait dix ans que j’essaie de rendre ça cool et de sensibiliser les gens. Dans une période où on est isolés, notre façon de connecter c’est de créer de l’art dans lequel on se reconnaît», explique-t-elle.

Afin de permettre à d’autres de s’exprimer, elle invitera aussi un artiste par mois qui pourra présenter ses créations dans la boutique.

La boutique Pony-Émotions infinies se situe au 6534 rue St-Hubert.

Articles similaires