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Mises en chantier : « Plus on développe, plus on s'appauvrit » – François W. Croteau

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Alors qu’une baisse importante du nombre de mises en chantier a été constatée sur le territoire montréalais, en 2013, Rosemont – La Petite-Patrie (RPP) a bien tiré son épingle du jeu, se classant deuxième au palmarès des secteurs les plus prisés des promoteurs immobiliers.

« Depuis cinq ans, on remarque une tendance [à la hausse]. C’est une vague de fond qui démontre la popularité du quartier et qui s’explique principalement par le fait qu’il y a beaucoup d’anciens terrains industriels disponibles. On a les terrains d’Angus qui se sont libérés, mais il y a aussi eu le Quartier 54, le secteur Norampac et les terrainsaux abords du clos de voirie près du parc Père-Marquette », énumère le maire de RPP, François W. Croteau.

Une vache à lait qui s’essouffle

Selon lui, « ce boom-là ne va pas durer encore bien longtemps ». Or, le cas échéant, cela pourrait avoir de graves conséquences sur la santé économique de l’arrondissement. En effet, l’octroi de permis de construction constitue, depuis deux ans, la troisième principale source de revenus locaux. À savoir comment son administration compte gérer cette éventuelle décroissance de gain financier, M. Croteau indique qu’il lui faudra faire preuve de « créativité » et que « des choix déchirants » sont à prévoir.

« On a toujours dit qu’il était hors de question pour nous d’augmenter le fardeau fiscal des citoyens. C’est un engagement qu’on maintient. On va optimiser nos façons de faire et regarder de quelle manière on peut être meilleur.

« Il y a toutefois des limites. On l’a vu l’an dernier quand il y a eu des compressions de l’ordre de 1,3 M$ : ç’a engendré des coupes de services, comme les postes de gardien de parc », fait-il valoir, mentionnant au passage que cette décision sera revue, étant donné l’impact direct que cette mesure a eu sur la propreté des espaces verts.

Pour équilibrer son exercice financier, l’administration locale pourrait donc choisir de se délester de certains dossiers.

« Avant d’augmenter le fardeau fiscal de la population en haussant le prix des tarifs, notre travail va être d’évaluer notre offre. Ça c’est clair. On va regarder quels sont les services de base qu’on doit fournir aux citoyens (entretien, permis, etc.) et quels sont ceux que l’on peut restreindre ou abandonner.

Retombées économiques inexistantes

Le redéveloppement engendre également une pression accrue sur les finances locales.

La création de nouveaux quartiers entraîne l’aménagement d’infrastructures supplémentaires (routes, trottoirs, parcs, jeux d’eau, etc.) qui devront être entretenues aux frais de l’arrondissement. Ce dernier doit également bonifier son offre de services (loisirs, sports, etc.) pour répondre aux besoins qui croissent au même rythme que la population, plaide M. Croteau.

« Plus on développe, plus on s’appauvrit pour maintenir la qualité de vie. La taxe foncière va à Montréal, et non à RPP. Tout l’argent va au central, qui redistribue une partie de ces sommes par le biais du budget d’arrondissement. Il n’y a donc aucune retombée économique locale au développement, puisqu’il n’y a jamais eu de bonification de notre enveloppe en fonction de la hausse du nombre d’adresses. Ça cause un déséquilibre évident », dénonce-t-il, indiquant qu’en 2005, 55 % des taxes payées par les résidents retournaient dans les coffres de l’administration locale, alors qu’en 2014, on parle plutôt de 35 %.

 

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