À bord de la voiture du ministre de la Métropole, Jean-François Lisée
« C’est parti », lance M. Lisée au départ, semblant s’adresser à la fois au chauffeur et au journaliste. Ne perdons donc pas de temps.
C’est d’abord au ministre des Relations internationales et aussi de la Métropole que l’on pose nos questions. Montréal va-t-elle bien, M. le ministre?
« Ce n’est pas sa meilleure saison sur la scène internationale, c’est vrai, admet-il. La réalité, c’est qu’on est à crever l’abcès de la corruption et de la collusion. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, il faut plutôt en parler ouvertement. Une fois le problème réglé et les nouvelles lois adoptées, le Québec deviendra un modèle de lutte à la corruption. L’an prochain, on pourra même donner de l’expertise dans ce domaine à ceux qui veulent savoir comment l’enrayer.
« Mais outre cela, il faut aussi travailler à redorer l’image de marque qu’est Montréal. Pensons à toute la créativité culturelle et entrepreneuriale que nous avons ici; on peut faire de notre métropole le Davos de la culture. C’est une superbe idée, puisque c’est déjà une réalité; on a un bouillon de culture créateur et, pour attirer d’autres talents à Montréal, il faut transformer cette créativité en image de marque. »
Concernant les liens à tisser avec la communauté anglophone, dont il a le mandat, M. Lisée dit : « Les Anglophones qui sont ici mentionnent que l’on sous-estime leur amour de Montréal, que l’on ne reconnaît pas assez leur présence. Ils veulent être appréciés. Et je pense que c’est porteur de partir de cela. Ils ne sont pas en guerre contre le Québec et les Francophones, bien au contraire. Il y a une jonction possible entre nous et eux. Ma vision, c’est que le français peut avancer au Québec sans que l’anglais recule. La majorité francophone doit être en sécurité, tout comme les Anglophones du Québec et les premières Nations. Tout cela peut aller ensemble. »
Des dossiers locaux d’envergures
Le ministre Lisée est aussi député de Rosemont. Il partage donc les deux fonctions qui sont intimement liées sur de nombreux dossiers.
« Je suis ministre, je dois donc avoir une vision générale. Mais l’avantage d’être le député de Rosemont, c’est que je connais bien les dossiers qui touchent mon comté et qui sont, en même temps, majeurs pour la métropole. Je pense au prolongement de la ligne de métro, dont on devrait être en position de recommander son feu vert au conseil des ministres en début de 2013. Je pense aussi à la voie rapide d’autobus sur Pie-IX, qui devra se concrétiser prochainement, puisqu’il s’agit là du levier le plus rapide pour soulager la congestion automobile dans l’est de Montréal. Finalement, il y a les investissements en santé, notamment à l’Institut de cardiologie de Montréal et à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Je suis sûr qu’on aura prochainement des nouvelles positives dans ces deux cas. »
À quelques coins de rue de la destination finale, M. Lisée aborde la difficulté d’agencer les agendas de ses deux fonctions. « Moi, je ne connaissais pas cette réalité-là. Mais j’ai été agréablement surpris de voir que les cas de comté peuvent être, très souvent, réglés par un personnel compétent et efficace, ce qu’on a la chance d’avoir dans Rosemont. Ce qui est vraiment compliqué comme ministre, c’est de trouver le temps pour les organismes du comté. Je veux, idéalement, qu’une journée par semaine y soit consacrée. Mon bureau, je le connais, alors j’insiste pour aller voir les gens dans leur milieu, dans leur organisme. J’ai choisi le vendredi pour faire cela, alors que ma semaine ministérielle est derrière moi. C’est mon dessert de la semaine. »
Tout juste avant que la voiture ne s’engouffrer dans un stationnement souterrain, M.Lisée sort d’une pochette un… Nintendo DS! Non, il ne veut pas y jouer. Il demande plutôt à son attachée de bureau s’il aura le temps de trouver un magasin spécialisé pour réparer la console de jeux. « Je dois aller porter la DS de mon fils, qui est brisée, sinon, je suis mort! Je lui ai dit que je m’en occuperais. Ça, c’est une autre affaire : c’est très difficile de mettre des courses du quotidien dans mon horaire. »