Parenthèse théâtrale dans Rosemont – La Petite-Patrie
En entrant dans le local 311, on oublie rapidement l’aspect industriel. « Place au théâtre ! » semble dire l’emplacement, alors que les lumières tamisées, un tableau scolaire, des couleurs chaudes et des affiches rappelant les pièces qui y ont été jouées attirent le regard.
« Et quand c’est soir de représentation, on décors aussi le couloir, pour que les spectateurs se sentent comme à l’entrée d’un théâtre de rue. Mais évidemment, et je trouve ça triste, je comprends que les gens ne voient que le bâtiment. C’est pour cela qu’on cherche toujours un endroit plus adéquat. »
Diane Cormier, la directrice de l’endroit, aimerait voir son théâtre avoir pignon sur rue. Idéalement dans Rosemont – La Petite-Patrie. « Il y a assez de théâtre sur le Plateau Mont-Royal. Il y a aussi la Licorne qui est toute proche et que j’aime beaucoup. Nous, idéalement, on aura un théâtre avec porte directement sur la rue, sur une artère principale du quartier.
Déjà, il y a quelques années, le théâtre avait failli déménager sur l’avenue Mont-Royal, dans une ancienne église. L’archevêché avait finalement apposé son refus au projet, ce qui avait tué dans l’œuf le déménagement. « On a perdu beaucoup dans cette aventure, se souvient Mme Cormier. C’est pour cette raison que cette fois-ci, avant de repartir, on va s’assurer d’être plein à craquer chaque soir. On a été échaudé, mais on a beaucoup appris dans tout ça. »
Apprendre le métier
En plus de présenter la pièce « Jean et Béatrice » en mars et d’y tenir le rôle principal (« J’ai un trac fou! »), Diane Cormier enseigne le théâtre aux élèves inscrits à son école.
Des gens de tous les milieux de tous les horizons viennent s’inscrire aux cours offerts au théâtre Parenthèse.
« Souvent, ils ont ça en dedans, caché, souligne Mme Cormier. Avant de les accepter ici, je leur fais passer une audition, mais pas théâtrale. En fait, je veux comprendre leurs motivations profondes. Je veux éliminer d’amblée les gens qui ont regardé un film hier soir et qui ont subitement le goût de devenir une vedette populaire. Je dois être très vigilante. Mais après vingt ans, je commence à avoir l’œil. »
Myriam Binette est une nouvelle inscrite. Elle dit venir à la rencontre d’elle-même dans les cours théâtrales. « Je voulais me rencontrer, arrêter de me faufiler de moi-même et de ne pas avoir le choix de me confronter. Cette école de théâtre m’apporte cela. J’ai trouvé des outils pour ma propre vie », confie-t-elle.
– Pour en savoir plus sur le théâtre Parenthèse : www.theatreparenthese.com.