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Politique 2.0: les élus de Rosemont–La Petite-Patrie à bout de clic

Photo: Stéphanie Maunay/TC Media

Ils sont suivis chaque jour par plusieurs milliers de personnes. Qu’ils soient député, maire ou conseiller de ville, les élus du territoire rosemontois se taillent une large place sur les réseaux sociaux. Facebook, Twitter ou encore Instagram sont devenus des outils incontournables pour les politiciens et ceux de Rosemont–La Petite-Patrie l’ont bien compris.

Sur Twitter, ce sont les élus de l’arrondissement qui «gazouillent» le plus, comparativement aux trois députés, selon les données compilées par le Journal.

Arrivent en tête ex aequo, le conseiller du district Étienne-Desmarteau, Marc-André Gadoury, également porte-parole de Projet Montréal en matière de ville intelligente et de technologies de l’information, et le maire, François Croteau.

«J’étais déjà actif avant de devenir élu, explique M. Croteau. Twitter est une plateforme utilitaire. Je partage des articles que je trouve pertinents et des idées intéressantes. C’est un outil politique qui transmet de l’information.»

Un point de vue partagé par le conseiller de Marie-Victorin, Guillaume Lavoie. «Pour moi, c’est une rue à double sens. Cela permet d’absorber l’information qui nous intéresse et en même temps, d’en diffuser. Les gens qui me suivent savent qu’ils retrouveront des sujets sur l’art urbain, la finance, les villes, car ce sont des thèmes qui je partage», note-t-il.

Le conseiller diffuse d’ailleurs chaque vendredi matin, un tweet sur l’art urbain.

Arsenal politique
Dans Rosemont–La Petite-Patrie, les réseaux sociaux sont régulièrement utilisés comme arsenal politique contre le pouvoir en place, que ce soit sur le plan municipal, provincial ou fédéral. Pour cause, l’ensemble des élus siègent dans les partis d’opposition.

«Être sur les réseaux sociaux est indispensable, voire incontournable, estime Alexandre Boulerice, député fédéral au Nouveau parti démocratique (NPD). C’est de l’or en barre pour un homme politique.»

La députée provinciale de Québec solidaire, Françoise David, est aussi très active, notamment lors des sessions à l’Assemblée nationale.

À Montréal, la twittosphère s’enflamme régulièrement pendant les conseils municipaux.

«Je réponds lorsque l’on m’interpelle, mais je ne suis pas vraiment favorable à cette méthode, avoue M. Croteau. Ça devient une discussion populaire et beaucoup de « trolls » se servent de cela pour alimenter des polémiques. Il faut minimiser l’importance des réseaux sociaux. Il ne faut pas croire que chaque citoyen va voir le compte de son maire pour savoir ce qu’il se passe dans son arrondissement.»

Pour sa part, le conseiller Lavoie répond, mais en privé. «Sauf si cela a un intérêt pour le grand public, mais sinon je réponds à la personne et je lui demande ses coordonnées pour l’appeler», dit-il.

Dérapages contrôlés?
Les médias sociaux peuvent aussi être de dangereux outils. À force d’exercices ou d’erreurs, les élus l’ont bien compris.

«Il m’arrive d’être polémique. J’ai eu des tweets « fake »», avoue, avec un léger sourire aux lèvres, Jean-François Lisée, député péquiste de Rosemont.

L’ancien journaliste a un peu changé sa façon de faire, au cours des années. Celui qui alimente en majorité ses comptes, et qui tient un blogue, indique se censurer par moment et faire preuve de retenues.

Pourtant, certains tweets lui échappent.

«J’étais au dernier Salon du livre de Montréal et j’ai commencé à prendre une série de « selfies » avec des personnalités présentes. À un moment, je me suis pris avec Gollum, du Seigneur des anneaux. Je peux vous dire que les Libéraux n’ont pas franchement apprécié.»

Vie publique, vie privé
Le Journal a constaté un ton décontracté, mais professionnel sur les différents comptes des élus.

M. Boulerice et M. Lisée sont ceux qui affichent le plus leur vie personnelle, en publiant des photos de famille.

Il faut remonter à plusieurs années pour retrouver des photos de M. Croteau avec sa conjointe ou des amis.

Le maire explique s’être «désintoxiqué» et ne plus trouver un aussi grand intérêt aux médias sociaux.

Il avoue également s’être créé un faux profil sur Facebook pour pouvoir partager sa vie, en toute intimité, avec ses proches.

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