Montréal

Un projet-pilote pour encourager le service en français à Saint-Laurent

Un projet-pilote pour encourager le service en français à Saint-Laurent
Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent LavoieL'initiative a lieu jusqu'en mars 2020.

Dans le but d’inciter les commerçants de l’arrondissement Saint-Laurent à utiliser le français pour servir leur clientèle, le Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes (CEJFI) lancera un projet-pilote sur le Web, ont appris les Nouvelles Saint-Laurent News.

Le programme Un mot français vaut mille clients offrira des cours en ligne gratuits élaborés par la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Ils seront principalement axés sur l’accueil, l’explication d’un produit et la fidélisation.

Un événement qui se veut d’envergure et des séances d’informations sont aussi prévus. Le CEJFI, basé à Saint-Laurent, espère convaincre 50 commerçants de participer.

«On veut contribuer à prévenir la décroissance de la langue française dans Saint-Laurent», indique la chargée de projet au CEJFI, Michela Claudie Ralalatiana.

Environ 34% des commerces qui offrent un accueil exclusivement en anglais se trouvaient dans l’ouest de l’île de Montréal en 2017, selon l’Office québécois de la langue française (OQLF). L’organisme gouvernemental finance d’ailleurs le projet à hauteur de 84 000$.

Plaintes concernant la langue de service à Montréal

  • 2017-2018: 453
  • 2016-2017: 392
  • 2015-2016: 406

Source: OQLF, qui ne détient pas de statistiques spécifiques aux arrondissements.

Réactions

La société de développement économique de Décarie Nord, Quartier D, sera des partenaires de l’initiative du CEJFI. «Je constate tous les jours que langue de service est un enjeu», soutient le directeur général, Gil Favreau.

L’accessibilité en ligne du projet serait un avantage pour les participants, selon la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Laurent – Mont-Royal (CCSL-MR), Sylvie Séguin. «Ça va permettre aux gens de pouvoir suivre des cours sans se déplacer et aller dans des classes», indique-t-elle.

Ty Jeevaratnam, qui a ouvert le Café Le VSL sur le boulevard Décarie au courant de l’été, conçoit que les commerces servant leurs clients en anglais sont principalement ceux qui sont issus de la diversité culturelle.

«Le niveau de français est quand même bon à Saint-Laurent, souligne-t-elle. Mais vu que [l’arrondissement] a une forte diversité, [le projet] peut être intéressant».

Sensibilisation

Il ne s’agit pas du seul effort visant à sensibiliser les commerçants de Saint-Laurent. La CCSL-MR est derrière l’initiative Tous autour du français.

Des représentants de l’organisme vont rencontrer des entreprises dont le personnel est majoritairement allophone et anglophone dans le but de les encourager à communiquer en français et «créer un sentiment de fierté à parler français».

La Chambre compte également s’assurer que ses membres se conforment à la Loi sur les marques de commerce. Elle rencontrera dans les prochains mois entre 600 et 800 commerçants.

Des modifications réglementaires ont été apportées à la Loi en novembre 2016. Les dirigeants ont jusqu’à novembre pour s’adapter.

Infractions

Deux entreprises de Saint-Laurent ont été sanctionnées plus tôt cette année puisqu’ils présentaient un site web exclusivement en anglais. Des amendes de 1500$ ont été imposées.

L’article 52 de la Charte de la langue française prévoit que les catalogues, dépliants, annuaires commerciaux et sites web doivent être en français.