Sud-Ouest
12:00 15 juin 2018 | mise à jour le: 15 juin 2018 à 12:01 Temps de lecture: 4 minutes

Besoin d’une école dans Griffintown

Besoin d’une école dans Griffintown
Photo: (Photo: Métro Média – Justine Gravel)

Le manque de vision urbanistique lors du développement de Griffintown a été dénoncé par des résidents qui ont assisté, mercredi, à la séance d’information donnée par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) au sujet d’une future école dans ce quartier. Les participants déploraient que, malgré la hausse du nombre d’enfants, aucun établissement scolaire ne serait construit avant plusieurs années.

Le projet de construction d’une école primaire de 10 classes dans Griffintown a été refusé officiellement par le ministère de l’Éducation en juin.

«Quand je suis arrivé dans le quartier, il n’y avait pas de services et ça n’a pas changé, souligne Étienne Le Nigen, qui habite le quartier depuis dix ans. Le service de base auquel je m’attendais depuis le début, une école, n’est jamais venu. Je trouve aberrant qu’à la quantité de taxes que je paie, il n’y ait pas de services. Il faut que les choses changent.»

Selon lui, l’arrondissement n’a pas conçu le développement du quartier de manière logique en laissant toute la place aux promoteurs immobiliers. Le fait que le gouvernement ne considère pas les enfants à naître dans son calcul du taux de natalité ajoute à la problématique.

«D’un côté, il y a le ministère qui dit, selon nos grilles, il faut que les enfants existent déjà pour qu’on détermine un besoin. De l’autre côté, on a une arrivée massive de jeunes professionnels qui souhaitent avoir une famille», renchérit le père d’une petite fille de sept mois.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, admet que le ministère devrait revoir sa manière d’évaluer les besoins dans chaque secteur, afin qu’une situation comme celle observée dans les autres quartiers montréalais, où il y a une explosion du nombre d’élèves, ne se reproduise pas.

«Nous avons proposé ce projet dans une catégorie qui n’existe pas encore, celle liée aux développements résidentiels, afin de sensibiliser le ministère», explique-t-elle. La CSDM compte soumettre le projet à nouveau, mais il est encore trop tôt pour dire si ce sera en août.

Besoin
Actuellement, il n’y a pas de besoin urgent dans Griffintown, considérant que des écoles à proximité, dans la Petite-Bourgogne, Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles, ont encore de l’espace pour accueillir des élèves. Toutefois, considérant qu’une fois le projet autorisé, un minimum de quatre ans est nécessaire à sa construction, la CSDM croit qu’il est impératif d’agir tout de suite.

Dans la dernière année, le nombre d’enfants âgés entre 0 et 4 ans a pratiquement doublé, passant de 136 à 218. D’ici cinq ans, les statistiques de la CSDM envisagent qu’il y aura 535 enfants et 195 élèves de plus dans le quartier en lien avec le développement immobilier.

«Sur nos 180 logements, il y a environ 200 enfants. Beaucoup de gens se demandent où leur enfant ira à l’école», mentionne le vice-président de la Coopérative Les Bassins du Havre, Guillaume Le Nigen. D’autres coopératives sont d’ailleurs présentement en construction. Au total, 8000 unités d’habitation verront le jour dans les cinq prochaines années.

Pour la commissaire scolaire indépendante du Sud-Ouest, Violaine Cousineau, les conclusions de la consultation de mercredi sont claires. «Il nous faut une école, c’est plus qu’un besoin c’est une exigence. Les chiffres sont concluants, on est capable de voir la croissance fulgurante du nombre d’enfants», indique-t-elle.

Selon elle, il est primordial que le gouvernement, la Ville et la CSDM travaillent conjointement plutôt que de se renvoyer la balle.

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