Vaudreuil-Soulanges

Une production verticale de fraises à Vaudreuil-Dorion

La verticalité des plants de fraises est à la base du concept de Ferme d'hiver
Photo: Olivier Boivin, Métro

L’entreprise Ferme d’hiver ouvre ses premières unités industrielles à Vaudreuil-Dorion dans le but de produire 180 000 kilogrammes de fraises par année entre octobre et juin. Elle a comme objectif de remplacer 10% des importations de ce fruit au Canada d’ici 2025.

Après avoir réalisé un projet-pilote à Brossard l’an dernier, c’est à Vaudreuil-Dorion que Ferme d’hiver déploie ses deux premières serres industrielles. Celles-ci se situent aux Serres de Vaudreuil, sur la route Harwood.

D’une superficie de 1150 mètres carrés, l’installation devient la plus grande ferme verticale en milieu contrôlé au Canada. Sa production équivaut à celle de deux hectares de serres traditionnelles.

Pour y arriver, les plants de fraises sont installés en hauteur dans la serre alors que 13 rangées de 14 colonnes de plants en hauteur sont présentes dans chacune des deux serres du site. Les conditions idéales de production y sont reproduites.

Des lumières à D.E.L. reproduisent le soleil, des détecteurs et un système d’arrosage au «goutte-à-goutte» s’assurent de préserver une humidité idéale et un système de ventilation ainsi que des bourdons assurent la pollinisation des plants.

«Nos senseurs captent les conditions en temps réel pour pouvoir offrir aux plants les conditions idéales en permanence, explique le PDG, Alain Brisebois. On produit 160 kilos par mètre carré, alors que les meilleures serres du monde en produisent 13 et les champs, environ cinq.»

Partenariat

L’entreprise Ferme d’hiver ne vend pas sa technologie aux maraîchers, mais s’associe plutôt à eux afin de créer des partenariats. Elle est responsable du financement et de la maintenance de l’unité ainsi que de l’achat de la production à un coût fixe.

Le producteur, en l’occurrence les Serres de Vaudreuil, est quant à lui responsable de cultiver et de récolter les fraises ainsi que de fournir un accès au réseau électrique et à une source d’eau.

Leur association va encore plus loin, car la chaleur produite par le système d’éclairage des serres est utilisée pour chauffer les autres installations du maraîcher.

«Notre idée est de non seulement produire de la fraise, mais également de donner l’opportunité aux maraîchers de produire d’autres légumes l’hiver alors que leurs serres seront chauffées par nos installations», avance M. Brisebois.

L’environnement est également pris en compte dans le concept de Ferme d’hiver. «On aime dire qu’on est plus que carboneutre, car notre production, qui utilise l’électricité comme source d’énergie, remplace des fraises qui auraient beaucoup voyagé pour se retrouver dans nos supermarchés.»

La production cesse entre juin et octobre afin de ne pas nuire aux producteurs maraîchers traditionnels.

Ambitions

L’installation de Vaudreuil-Dorion est la première de plusieurs infrastructures du genre qui verront le jour dans les prochaines années à travers le Québec. Sa mission n’est pas uniquement de produire des fraises, mais d’apporter une solution à la production alors que les conditions climatiques n’y sont pas favorables.

«On a de très grandes ambitions, explique le PDG. Les problématiques auxquelles on répond sont présentes dans tous les pays nordiques. On voudrait éventuellement exporter notre technologie.»

L’entreprise souhaite pour l’instant se concentrer sur l’amélioration de sa technologie et l’arrivée de nouvelles serres verticales dans la province.

Une entente conclue avec le géant de l’alimentation Sobey’s permettra la vente de fraises produites à Vaudreuil-Dorion dans les supermarchés IGA de la région dès cet hiver.

13 millions

Nombre de kilogrammes de fraises que Ferme d’hiver souhaite produire d’ici 2025 au Canada

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