Verdun
16:55 2 juin 2021 | mise à jour le: 2 juin 2021 à 16:58 temps de lecture: 4 minutes

Omnibus, ou le théâtre au skatepark de Verdun

Omnibus, ou le théâtre au skatepark de Verdun
Photo: GracieusetéJean Asselin pratique le patin au skatepark de Verdun, déguisé en personnage d’époque.

La compagnie théâtrale Omnibus célèbre ses 50 ans. Pour l’occasion, des personnages de la pièce Dans la tête de Proust ont pris place au skatepark de Verdun. L’un des cofondateurs, Jean Asselin, qui est âgé de 72 ans, connaît bien l’endroit pour y pratiquer souvent le patin à roues alignées.

«J’ai un âge assez vénérable pour que ça soit inusité de voir quelqu’un de mon âge en patin à roues alignées au skatepark», évoque-t-il. Vingt-cinq ans auparavant, il fréquentait souvent le TAZ pour pratiquer son sport. Au début de la cinquantaine, il a jugé qu’il était temps d’accrocher ses patins.

Il y a un an, sa conjointe s’est mise à la planche à roulettes. «Pour l’encourager et peut-être pour l’impressionner un peu, j’ai rechaussé mes patins», lance-t-il amusé.

L’artiste est loin de regretter son choix: il aime se tenir en forme. Il ne craint pas les blessures et porte un équipement pour les minimiser. De plus, il affectionne le climat très respectueux qui règne au parc de planche à roulettes de Verdun.

Pour souligner l’anniversaire de sa compagnie théâtrale, Jean Asselin a eu l’idée de faire un tournage promotionnel au skatepark du parc Arthur-Therrien. Les célébrations d’Omnibus se déroulent sous deux thèmes. L’un étant «Toujours vert», au sens d’un fruit qui n’est pas encore mûr, montrant ainsi qu’après 50 ans, l’entreprise est toujours fringante.

«D’où l’intérêt de prendre un personnage du spectacle, celui de Charlus, et de le faire se promener en patin à roues alignées dans le skatepark», explique M. Asselin.

«Ce qu’on aimait du mot omnibus, c’est qu’il représente un véhicule populaire. Plus le temps a passé, plus cette notion de popularité a été importante pour moi. Bien que le mime soit un art hyper sophistiqué, c’est vraiment fait pour tout le monde.» Jean Asselin

Initialement, il souhaitait réaliser de grands exploits sur les installations, mais l’acteur a jugé qu’il était plus important de voir le personnage bouger élégamment sur ses patins.

La seconde thématique des célébrations est qu’il existe «un monde ailleurs». «C’est un peu ce qui se passe dans la tête de Charlus au skatepark. Parce qu’il vient du début du 20e siècle alors ça n’existait pas les skatepark. Il arrive et se dit que les temps ont changé», décrit M. Asselin.

Le but du tournage à Verdun était de montrer que ce personnage principal de l’univers de Proust est exalté de découvrir un nouveau monde, bien différent des soirées mondaines de l’époque.

La pièce de théâtre Dans la tête de Proust a été écrite et mise en scène par Sylvie Moreau. Après avoir lu le roman À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, la comédienne a rédigé une synthèse d’une durée d’une heure et demie. Les spectateurs se retrouvent alors dans la pensée de ce célèbre auteur du 20e siècle au moment où il a écrit ce qui est toujours l’un des plus longs romans au monde.

L’art corporel

Lorsque Jean Asselin a démarré Omnibus à 22 ans, il n’était pas question d’abandonner un jour ce projet. Pour lui, le théâtre est une vocation. Ainsi, fêter les 50 ans de l’entreprise a toujours été dans les plans.

Omnibus a aussi un volet éducation. «On possède une double mission: créer des spectacles et enseigner les règles de l’art théâtral, plus spécifiquement le mime corporel», souligne M. Asselin.

Au fil des ans, plus de 4000 élèves auraient reçu les apprentissages d’Omnibus. Pour son cofondateur, le mime est l’art global du corps et il peut prendre maintes formes. Cela demande une sensibilité particulière, mais puisque la barrière de langue est absente, il s’agit d’un art accessible à tous.

Pour M. Asselin, la retraite n’est pas une option. Il ne s’imagine pas arrêter de travailler: son métier est sa passion. Depuis six ans, Sylvie Moreau et Réal Bossé sont ses partenaires dans la direction artistique.

«Même si mon entourage me dit qu’Omnibus c’est moi, je pense que notre œuvre dépasse ma personne, même si j’y ai investi beaucoup.»

Il demeure persuadé que son entreprise va perdurer.

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