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Des marionnettes illustrent la vie ordinaire à Ahuntsic

Les marionnettes s’animent dans leur rue des rêveries. Photo: Gracieuseté

Lucie Émard expose jusqu’au 30 mai sa rue des rêveries à Ahuntsic. Dans un décor de rue de Montréal, des marionnettes animées rappellent des scènes et des gestes de la vie normale, invitant le spectateur à se raconter ses propres histoires. Entrevue.

Est-ce que c’est la première fois que l’exposition est montrée au public ?

J’ai exposé cinq jours juste avant la pandémie dans une galerie d’Outremont en mars 2020. J’ai monté l’exposition et elle a fermé à cause de la pandémie.

On peut dire que c’est la première fois qu’elle est montrée au public pour une longue période.

Comment cette démarche est-elle née ?

En fait, il y a deux expositions combinées. Il y a une rue animée avec 23 personnages en silicone et 12 maisons. Mais aussi, il y a dix petits tableaux qui ne sont pas animés, qui avaient déjà été exposés à la Maison des arts de la marionnette en 2019.

Pourquoi vouloir animer vos marionnettes sans les toucher ?

J’ai été comme Geppetto qui voulait voir sa marionnette Pinocchio vivre. La marionnette toute seule sur une table, elle ne nous parle pas. On oublie parfois qu’il y a un marionnettiste qui les manipule derrière. On croit que cette magie-là existe. Cela provoque des émotions, et pas que chez les enfants. Dans un premier temps, j’ai construit des décors à leur échelle pour les mettre dans une situation théâtrale. Même si elles n’étaient pas animées, elles sont dans un décor et elles deviennent vivantes grâce à tous les petits objets à leur échelle qui les entourent.

Ensuite, j’ai voulu les voir bouger et l’idée m’est venue d’utiliser des petits moteurs électroniques programmés qui actionnent les fils. Ce ne sont pas des robots. C’est le fil qui est supposé d’être tiré par un marionnettiste qui est actionné par un moteur.

Mais au-delà du mouvement, il y a aussi quelque chose à raconter aux gens ?

En fait, j’avais une histoire derrière la tête, mais je voulais aussi laisser au spectateur la place pour l’imagination. Quand on se promène dans l’exposition, on voit des mises en scène qui sont plus évidentes.

Par exemple, un homme qui a ramassé une petite culotte par terre et on devine que c’est celle de la dame qui l’a échappée de la corde à linge. On voit deux messieurs dans un café qui sont comme des amis. Il y a une dame qui essaye de remonter son carrosse avec dedans son petit chien et son épicerie.

Il y a quelqu’un qui essaye de rentrer ou sortir son matelas. Cela rappelle des situations et fait remonter des souvenirs. On imagine alors des histoires.

Qu’est-ce qu’on aime dans votre exposition ?

J’ai reproduit des humains de 20 pouces de haut. Ce sont des petits personnages qui ont l’air d’avoir une peau humaine et sont habillés comme nous. Ils font des gestes de la vie quotidienne qui représentent des gens ordinaires de la vie ordinaire, mais dans un contexte miniature ce qui appelle beaucoup l’imaginaire.

Vos personnages nous rappellent aussi la vie d’avant la pandémie.

Je suis à l’exposition tous les jeudis et je discute beaucoup avec les gens qui viennent voir. On m’a dit : «cela nous fait du bien de voir des gens sur une rue qui n’ont pas de masques et qui peuvent se voir sans distanciation».

Les gens sont très émus. Il y a même une dame qui avait les larmes aux yeux tellement elle était affectée avec tout ce qu’on vit depuis un an et demi.

Justement, vos personnages imitent la réalité. Pourquoi ne pas créer un environnement surréaliste?

Au début, j’écrivais des histoires féériques pour les enfants. À un moment donné, je me suis occupé de mes parents en fin de vie et cela a beaucoup changé ma façon de créer.

J’ai voulu créer des personnages qui reconstituent la vie quotidienne. Avec mes parents, j’ai remarqué tous les petits gestes ordinaires de la vie de tous les jours des choses qui étaient extrêmement importantes quand on prend soin des autres et quand on a de l’empathie.

Une fois l’exposition finie, vous préparez un film avec vos marionnettes.

J’ai obtenu une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec pour développer un court métrage d’animation et tourner une démo.

L’exposition va être disposée comme un plateau de tournage. On va faire vivre aux personnages une histoire d’amour entre deux personnes de 80 ans.

Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville au 10300, rue Lajeunesse 1er étage. Horaire des visites, jeudi et vendredi de 13h à 17h, samedi et dimanche de 11h à 16h.

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