Je m’en veux de t’écrire ici mais je crois que cela fait beaucoup trop de temps que tu me pourchasses et si je n’ai encore rien dit, ce n’est pas que tes messages m’enivraient mais que plutôt j’étais mal à l’aise de te demander d’arrêter. Vois-tu des messages truffés de fautes orthographiques, de mauvaises conjugaisons, de mots vulgaires (tels ma Bella) ne m’inspirent que pitié. Ton verbe ne coule pas, figé qu’il est dans le banal du quotidien. Un autre m’a courtisé avec sa science et m’a donné courage de te répondre. Prends exemple sur lui, il compose avec passion et doctement. Dès que je l’ai vu, j’ai su que jamais je n’avais aimé. Il m’a écrit que dès qu’il m’a vue, il a compris qu’il n’avait jamais aimé et ce fut réciproque. Je sais que je le reverrai et au lieu d’un livre à la main, il n’aura que la nudité des paumes pour venir me chercher, me retrouver, se donner. Ne te mets plus entre nous. Et sache que le silence sera désormais non pas acquiescement mais mépris et indifférence. Quitte le métro à défaut du bateau, ta bouteille à la mer s’est fracassée sur les récifs et l’encre de tes mots s’est délitée et a rejoint l’eau salée et en retrouvant ses origine, elle a enfin pu se laver de ses fadaises, galimatias et sable sans raison que ta main avait maladroitement composés. Laisse-moi me mirer dans un autre que toi.