C’était en décembre, un mercredi matin comme tant d’autres. J’attendais la 139 direction nord au coin d’Adam et Pie 9, la neige s’écrasait lourdement dans mes lunettes. Le vent soufflait durement sur le boulevard, labourant mes joues d’un rouge corail et je cherchais la protection apaisante de l’abri-bus. Tu y étais déjà, bien installé. Le froid m’engourdissait, j’avais la langue pateuse et les lèvres gercées. Les tiennes aussi semblaient souffrir de la tempête imminente, mais ça ne t’empêchait pas de siffler un air familier : jingle bells, jingle bells, jingle all the way! L’autobus était en retard. Soudain, ta voix perça le silence glacial. Tu t’es mis à fredonner la chanson, et mon coeur a fondu. Ta bonne humeur et ton enthousiame m’ont charmé. Tu portais une tuque des Nordiques, un anorak jaune et une paire d’espadrille. J’ai eu envie de décorer un arbre de Noël en ta compagnie. Je me confesse, j’ai pensé à toi chaque fois que j’ai entendu ta douce sérénade durant le temps des fêtes. Maintenant que Rudolph est retourné se reposer, je ne cesse de me remémorer ce souvenir. Si tu te reconnais, contacte-moi (baby_queen2011@hotmail.fr), nous pourrions constuire un château de pain d’épices ensemble, nous pourrions être heureux.