Obama, de communicateur à conteur
La nouvelle a de quoi surprendre. Barack Obama, le magicien des mots, a reconnu dans une interview dimanche à CBS ne pas être un grand communicateur. Vrai ou faux?
La réponse est peut-être entre les deux. Arrivé à la Maison-Blanche grâce à sa rhétorique, l’actuel occupant du Bureau ovale a enflammé les esprits avec ses discours dénués de formules ampoulées.
Son «Yes, we can», lancé pour la première fois le 8 janvier 2008, a fait rêver. Mais, sans son télésouffleur, dont il abuse, ses mots sonnent souvent creux. Une petite visite sur YouTube convaincra les plus sceptiques.
George Clooney, qui a recueilli 15 M$ pour la campagne d’Obama, craint à présent pour sa réélection. Le président sortant a beau avoir sauvé l’industrie automobile américaine, sorti les États-Unis de la récession, tué ben Laden, il vend mal ses réalisations, croit l’acteur.
Il a raison.
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Avec son sourire rassurant, sa voix grave, Obama est certes le roi de la communication de séduction. Mais voilà, il n’arrive pas vraiment à se distancer de son rival républicain, Mitt Romney. Marketing politique oblige, quand les sondages sont mauvais ou pas assez bons, c’est la faute au manque d’explications, donc de communication. D’où la surprenante interview d’Obama à CBS This Morning.
Il reconnaît que s’il a fait de «bons choix politiques», la nature de sa fonction c’est «aussi d’expliquer…». Visiblement, il ne l’a pas bien fait.
Malgré tout, Obama reste un monstre de la communication et réussit à faire croire qu’il ressent ce qu’il dit. Il est cependant encore loin d’être un conteur politique de la stature de Ronald Reagan (1981-1989) ou même de Bill Clinton (1992-2000).
Les deux savaient raconter des histoires, la leur ou celles des autres, pour susciter la sympathie du public, quitte à les enjoliver.
L’argent est certes le nerf de la guerre de toute campagne présidentielle américaine, mais il doit être accompagné d’un storytelling. Dans les prochaines semaines, Barack Obama va tout faire pour devenir un conteur hors pair.