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Début d’un gigantesque procès pour corruption en Italie

FILE - In this March 15, 2017 file photo, Eni CEO Claudio Descalzi stands prior to the Eni investor meeting, in Milan, Italy. A corporate bribery trial billed as the biggest in history is opening Monday, March 5, 2018 in Milan against the Shell and Eni oil companies as well as former and current executives, all charged in a $1.1 billion scandal to win control of one of Nigeria’s most lucrative oil blocks. (AP Photo/Antonio Calanni, file) Photo: AP

MILAN — Ce qui pourrait bien être le plus gros procès pour corruption de l’histoire a commencé lundi en Italie.

Deux géants, la firme anglo-néerlandaise Shell et l’italienne Eni, sont accusés d’avoir dépensé 1,1 milliard $ US pour prendre le contrôle du bloc pétrolier OPL245, qui compte parmi les plus lucratifs du Nigeria.

La taille des deux compagnies fait de ce procès le plus gros jamais intenté, ont affirmé des militants anticorruption.

La poursuite vise aussi plusieurs patrons actuels et anciens des deux entreprises, dont le président et chef de la direction actuel d’Eni, Claudio Descalzi.

Un représentant du groupe Global Witness affirme que c’est la première fois que le PDG en poste d’une grande entreprise pétrolière se retrouve devant la justice pour corruption.

Le procès a été ajourné jusqu’au 14 mai pour des raisons techniques, notamment quand le gouvernement nigérian, Global Witness et quatre autres organisations ont demandé à faire partie de la poursuite.

Treize personnes sont poursuivies relativement à l’achat du bloc OPL245 en 2011. En plus de M. Descalzi, les autres accusés incluent son prédécesseur Paolo Scaroni, deux anciens patrons de Shell et un ancien ministre nigérian du Pétrole.

Les procureurs de Milan prétendent que 520 millions $ US des 1,1 milliard $ US versés dans un compte de garantie bloqué ont été convertis en liquide pour payer des pots-de-vin. Des centaines de millions de dollars de plus seraient tombés dans les poches d’un ancien ministre du Pétrole.

Les procureurs de Milan ont également entamé une enquête distincte concernant des allégations selon lesquelles les représentants d’Eni auraient essayé de dérouter les enquêteurs qui s’intéressaient à l’affaire nigériane. Les bureaux de ces représentants ont été perquisitionnés au début du mois de février.

Shell et Eni nient avoir quoi que ce soit à se reprocher. Les deux compagnies font l’objet d’une enquête aux Pays-Bas et d’accusations au Nigeria dans ce même dossier.

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