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Gilets jaunes: une mobilisation en nette baisse à Paris et en régions

Gilets jaunes: une mobilisation en nette baisse à Paris et en régions
Photo: AFPA protester wearing a yellow vest (gilet jaune) holds a bunch of flowers as he runs through smoke of tear gas during a demonstration against rising costs of living they blame on high taxes on the Champs-Elysees avenue in Paris, on December 15, 2018. - The "Yellow Vests" (Gilets Jaunes) movement in France originally started as a protest about planned fuel hikes but has morphed into a mass protest against President's policies and top-down style of governing. (Photo by Abdul ABEISSA / AFP)

La mobilisation des gilets jaunes s’est essoufflée samedi à Paris et en régions, où les participants, moitié moins nombreux que les semaines précédentes, ont manifesté dans le calme, malgré quelques tensions en fin de journée.

Ce cinquième samedi de mobilisation «est un peu un échec, mais c’est à cause de l’État qui nous empêche de manifester correctement», estimait Lucie, une aide ménagère de 35 ans venue de région parisienne pour manifester dans la capitale, où les derniers manifestants étaient dispersés en fin de journée.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a estimé que «les ronds-points» de France, occupés depuis le 17 novembre, doivent désormais «être libérés».

«Les ronds-points doivent être libérés et la sécurité de tous redevenir la règle», a tweeté le ministre. «La journée se termine bien», «le dialogue doit maintenant rassembler l’ensemble de ceux qui veulent transformer la France», a-t-il déclaré.

Le président de l’Assemblée nationale française, et membre de la majorité, Richard Ferrand a salué une baisse de mobilisation «nécessaire».

«Il a été massivement répondu à leurs revendications» et «le temps du dialogue est venu», a-t-il estimé, faisant référence aux nouvelles concessions faites par le président Emmanuel Macron.

Après l’annonce lundi par le président français de la hausse de 100 euros par mois pour les salariés payés au salaire minimum ou encore l’annulation d’une hausse d’impôt sur les petites retraites, cette journée avait valeur de test pour l’exécutif.

Vers 19h00, le ministère de l’Intérieur comptabilisait 66 000 manifestants dans toute la France à la mi-journée, deux fois moins que les 126 000 recensés samedi dernier à la même heure. Seules 2 200 étaient recensées à Paris, contre 10 000 il y a une semaine. 

En fin de journée, les Champs-Elysées ont rouvert à la circulation. Dans l’après-midi, de petites échauffourées y avaient opposé «gilets jaunes» et forces de l’ordre, sans le déferlement de violence survenu les semaines passées dans le quartier.

Peu avant 18h00 (17h00 GMT), il y avait eu à Paris 157 interpellations dont 104 gardes à vue, et sept blessés légers, bien en-deçà des chiffres record de la semaine dernière.

Des heurts ont également eu lieu dans le sud-ouest à Toulouse et Bordeaux où des projectiles divers ont été jetés sur les forces de l’ordre qui ont riposté avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Hors de la capitale, le nombre de gilets jaunes dans les rues connaissait lui aussi une singulière décrue, comme à Nantes (ouest), Saint-Étienne (centre-est) ou Strasbourg (est).

«C’est un peu décevant. On s’attendait à avoir un peu plus de monde», déplorait Francis Nicolas, un manifestant lyonnais de 49 ans.

À Bordeaux (sud-ouest), en revanche, 4 500 personnes ont été dénombrées samedi par la préfecture, soit le même nombre que la semaine dernière.

«Peut-être que le mouvement va s’essouffler dans les rues, mais il ne s’essoufflera pas dans les têtes», assurait Lorenzo Gennaro, 34 ans, de Grenoble (est).

Même moins nombreux, les gilets jaunes restaient cependant très revendicatifs.

«On se battra tant qu’on n’aura pas gain de cause», assurait Daisy, venue à Paris de l’Isère (est) avec son compagnon. Le couple, qui se «serre la ceinture» pour ses «petits», ne s’offrira pas de cadeaux pour Noël: «C’est trop compliqué de se faire plaisir, on s’offrira des câlins».

«Injonction du peuple»

L’une des principales mesures demandées samedi par les manifestants était la mise en place de référendum d’initiative citoyenne (RIC), à l’image de ce qui se fait déjà en Suisse et en Italie. 

«Entendez cette injonction du peuple, rendez-nous notre liberté et notre souveraineté», lançait l’une des figures du mouvement, Maxime Nicolle, depuis la place de l’Opéra à Paris en début d’après-midi.

En fin de journée, et sous une pluie battante, un gilet jaune venu de Maubeuge (nord) en voiture assurait qu’il ne reviendrait pas samedi prochain: « On est déjà venu quatre fois, c’est bon là ».

À Paris et dans les grandes villes, de nombreuses façades de banques et de magasins avaient été une nouvelle fois recouvertes de contreplaqué pour se protéger d’éventuels pillages et dégradations.

Mais de nombreux monuments et musées qui étaient fermés samedi dernier – comme la Tour Eiffel, les musées du Louvre, d’Orsay et le Grand palais – avaient ouverts leurs portes.

«C’est calme. Ce n’est pas ce que la télé montre», se félicitait une touriste belge, Tracy Montaigne, 26 ans, venue de Mouscron, devant les vitrines de Noël des Galeries Lafayette.  

Les cafés avaient également ouvert pour tenter de combler le manque à gagner lié aux fermetures des samedis précédents qui pèsent lourdement sur l’économie: la croissance, déjà faible en France, sera inférieure aux prévisions.

Le président de la Confédération des commerçants de France a estimé samedi que le mouvement représentait «une véritable catastrophe» pour les petits commerces, avec une baisse du chiffre d’affaires comprise entre «40% et 70%».

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