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3 moments dignes d’un film d’espions en 2018

Photo: AFP

Tentatives d’assassinats, complots et manipulations politiques: la dernière année aura été marquée par une série d’événements spectaculaires sur la scène internationale. Retour sur trois épisodes qui n’auraient pas détonné dans un film de James Bond.

Permis de tuer
Deux mois après sa disparition, le corps du journaliste saoudien Jamal Khashoggi est toujours introuvable. La dernière fois que le collaborateur du Washington Post a été vu vivant, c’est lorsqu’il est entré au consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre pour remplir une formalité administrative dans le but de se marier avec sa fiancée turque. Il n’a donné aucun signe de vie par la suite.

Riyad a avancé que Khashoggi avait quitté l’endroit indemne. La Turquie a mis en doute cette version, en mentionnant que le journaliste, qui était très critique à l’endroit du prince Mohammed ben Salmane, avait été tué à l’intérieur. Elle a publié des images de vidéosurveillance montrant des officiers, un médecin légiste et même un faux Jamal Khashoggi sortant du consulat. Le démembrement du corps du journaliste a aussi été évoqué par Ankara.

Pliant sous la pression de la communauté internationale, qui a exigé «une enquête crédible», Riyad a finalement avoué que Khashoggi était mort à la suite d’une «bagarre qui a mal tourné». Vingt et un Saoudiens ont été arrêtés, dont deux proches du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a affirmé qu’il n’était pas au courant de l’opération. La Turquie a réclamé l’extradition des suspects, mais sans succès.

Bons baisers de Russie
Les services secrets russes n’ont pas été en reste cette année, eux qui sont soupçonnés par plusieurs puissances occidentales d’avoir ourdi des complots dignes du SPECTRE.

L’affaire la plus médiatisée aura sans doute été l’attaque contre Sergei Skripal et sa fille Yulia. Retrouvés inconscients sur un banc de parc de Salisbury, au Royaume-Uni, les deux ressortissants russes auraient été intoxiqués au Novichok, un puissant agent innervant conçu à l’époque par l’Union soviétique. Si les circonstances de l��incident demeurent mystérieuses, l’épisode aura tout de même provoqué une importante crise diplomatique entre Londres et Moscou, soupçonné d’avoir commandité l’agression contre son ancien espion passé dans le camp occidental. L’histoire s’est bien terminée pour les Skripal, qui ont obtenu leur congé de l’hôpital quelques semaines plus tard.

La fin aura été moins heureuse pour Maria Butina, première Russe à être reconnue coupable d’ingérence dans la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. La militante pro-armes était accusée de complot pour infiltrer des organisations politiques américaines, notamment la très républicaine National Rifle Association (NRA), en vue d’y promouvoir les intérêts de la Russie.

On ne vit que deux fois
La palme de l’histoire la plus rocambolesque revient toutefois au journaliste russe Arkadi Babtchenko.

Pendant 24 heures, ce correspondant de guerre et opposant notoire à Vladimir Poutine aura fait croire à sa mort avec le concours des services secrets ukrainiens (SBU), faux sang à l’appui.

«Atteint» de trois balles dans le dos dans son appartement de Kiev, Babtchenko a été transporté à la morgue, où son décès a été constaté.

À la surprise générale, il est réapparu le lendemain lors d’une conférence de presse organisée par la police ukrainienne. Le tout a été organisé pour déjouer une tentative d’assassinat, vraie celle-là, selon lui commanditée par la Russie. Un contrat de 40 000$ avait été placé sur sa tête.

Ses premiers mots ont été pour sa famille et ses collègues, qui n’avaient pas été informés de l’opération. Une histoire qui prouve que la réalité dépasse souvent la fiction et qui, à l’ère des fake news, pose aussi de sérieuses questions sur la manipulation de l’information.

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