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Des dizaines de milliers de gilets jaunes encore dans la rue en France, malgré le «grand débat»

Des dizaines de milliers de gilets jaunes encore dans la rue en France, malgré le «grand débat»
Photo by: AFPA protester wearing a yellow vest (gilet jaune) holds a bunch of flowers as he runs through smoke of tear gas during a demonstration against rising costs of living they blame on high taxes on the Champs-Elysees avenue in Paris, on December 15, 2018. - The "Yellow Vests" (Gilets Jaunes) movement in France originally started as a protest about planned fuel hikes but has morphed into a mass protest against President's policies and top-down style of governing. (Photo by Abdul ABEISSA / AFP)

Des dizaines de milliers de gilets jaunes manifestent pour le dixième samedi consécutif à travers la France, dans la crainte renouvelée de violences et malgré le lancement par le président Emmanuel Macron du «grand débat» qui peine à apaiser cette fronde populaire vieille de plus de deux mois.

27 000 personnes défilaient à travers la France en début d’après-midi, selon des chiffres officiels encore temporaires et régulièrement contestés par les manifestants. A la même heure samedi dernier, ils avaient été 32 000.

«Macron démission !», pouvait-on entendre dans un cortège de plusieurs milliers de manifestants qui défilaient à Paris. «Grand débat l’arnaque», accuse une pancarte de tête. «C’est de l’enfumage, les dirigeants ont surtout peur de perdre leurs places en or», estime auprès de l’AFP Bernard Saidani, 66 ans.

«On divorce d’avec nos élites», résume Michel, 53 ans. «On ne se remet pas avec son ex», ajoute-t-il pour expliquer pourquoi il ne participe pas au «débat national».

Manifester ou débattre: le nombre des participants aux défilés de samedi sera un marqueur de l’efficacité du «Grand débat national» (GDN) lancé par le président Macron afin de juguler la crise sociale, la pire depuis son élection en 2017.

«Une mobilisation au moins égale à la semaine dernière est attendue», a indiqué une source policière à l’AFP. Le 12 janvier, plus de 80 000 personnes avaient été recensées par les autorités, contre 50 000 une semaine auparavant, douchant les espoirs du gouvernement qui misait sur une confirmation de l’essoufflement du mouvement observé lors des fêtes de fin d’année.

Quelques centaines de milliers de gilets jaunes avaient manifesté les samedis de novembre et décembre, réclamant en particulier un allégement de la fiscalité et l’établissement d’un référendum d’initiative citoyenne. Des concessions du gouvernement visant à accroître le pouvoir d’achat des plus modestes, d’un coût de 10 milliards d’euros, n’avaient pas suffi à calmer la tempête.

Samedi en fin d’après-midi, des tensions apparaissaient comme traditionnellement, avec des jets de gaz lacrymogène à Paris, où 7 000 gilets ont défilé selon les autorités, à Toulouse (sud-ouest, 5 000 manifestants) et Rennes (nord-ouest, 2 000).

Mais ces heurts n’avaient aucune commune mesure avec les scènes d’émeutes urbaines qui ont pu marquer d’autres samedis. Les vidéos des violences ont fait le tour du monde, écornant l’image de la France, première destination touristique mondiale. 

Comme samedi dernier, environ 80 000 policiers et gendarmes sont mobilisés en France.

A Paris, certains manifestants arboraient une rose en hommage aux victimes depuis le début du mouvement le 17 novembre. Dix personnes sont mortes, pour la plupart lors d’accidents à des barrages, et plus de 2 000 ont été blessées (du côté des manifestants ou des forces de l’ordre).

Une vive polémique s’intensifie sur l’usage du lanceur de balles de défense (LBD) par les forces de l’ordre, que la France est un des rares pays européens à utiliser, et sur les blessures graves subies par de nombreux manifestants.

«On n’arrête pas l’histoire avec des flashball», pouvait-on lire sur une pancarte des manifestants.

«Le grand bluff»

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a encore défendu vendredi l’usage du LBD, sans qui, selon lui, les forces de l’ordre n’auraient plus d’autre option que le «contact physique».

Parallèlement, le président Emmanuel Macron poursuit sa tournée à travers la France avec des débats marathons réunissant des centaines de maires, dans le cadre du GDN. «Je vous mets en garde, monsieur le président: il ne faudra pas que ce débat devienne le grand bluff !», a averti un maire.

Outre les discussions avec les élus, le GDN mis en place à travers la France se traduit par l’organisation de discussions entre citoyens sur les thèmes du pouvoir d’achat, de la fiscalité, de la démocratie et de l’environnement.

Le président promet d’entendre les doléances exprimées lors des débats, mais nombre de gilets jaunes voient dans le GDN le moyen d’enterrer leurs revendications.

«Il (Emmanuel Macron) parle, mais n’écoute pas», assurait Laeticia, manifestante en Bretagne (ouest). «Il faut baisser les taxes et mettre fin aux avantages des parlementaires (…) Pour nous, le combat continue», promettait-elle.

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