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06:00 17 décembre 2012 | mise à jour le: 17 décembre 2012 à 06:01 temps de lecture: 3 minutes

Armes à feu hors la loi au Japon

Armes à feu hors la loi au Japon
Photo: Getty

Peut-on vivre sans arme à feu? Hai, répondent les Japonais. Ils sont fiers de dire oui et d’avoir l’un des taux d’homicide les plus bas de la planète.

Tous les ans, il y a en moyenne une douzaine de meurtres par balle dans l’archipel de 128 millions d’habitants. L’équivalent de la tuerie d’Aurora en juillet dernier dans un cinéma du Colorado.

Le record annuel a été atteint en 2007, avec 22 meurtres par balle, 4 de moins que la fusillade de Newton vendredi. Et l’année précédente? Deux. Les homicides se font surtout à l’arme blanche et ils totalisent le demi-millier par an.

Au pays du Soleil Levant, seuls sont permis les fusils de chasse et les carabines à air comprimé. Il y en aurait 300 000. Avant de mettre la main dessus, il faut se rendre à l’hôpital pour passer une évaluation psychologique et un test de dépistage de drogue. L’arme achetée doit être enfermée à double tour dans un placard et séparée des munitions. La police vérifie le tout chaque année.

Posséder une arme de poing et c’est aussitôt le cachot. Le séjour varie entre un et 10 ans. Même les yakusas, la puissante mafia japonaise, hésitent à en porter. Ils règlent leurs comptes au couteau ou… au sabre.

Tous les ans à l’ONU, le Japon présente, en vain, une résolution réclamant l’interdiction des armes légères et de petit calibre, qui feraient un demi-million de morts annuellement dans le monde.

Avoir une arme à feu ne fait aucunement partie de la culture du Japon, contrairement aux États-Unis, un pays armé jusqu’aux dents où chaque nouvelle tuerie relance le vieux refrain du débat sur le port d’un gun.

Dans le premier pays, la Constitution, calquée en grande partie sur celle des États-Unis, rappelle que personne n’a le droit de «posséder une arme à feu ou un sabre».

Dans le second, il est dit que «[…] le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé».

Même les policiers étaient désarmés au Japon jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avant que le «protecteur» américain n’en décide autrement.

Mettre les armes à feu hors la loi n’explique pas à lui seul le faible taux d’homicide au Japon. Le contrôle social, le respect de l’ordre, l’appartenance au groupe auraient vite fait d’abattre n’importe quel Occidental.

Mais, à l’évidence, on tue moins quand on est désarmé. Si porter une arme n’était pas dans leur imaginaire collectif, les Américains pourraient alors tirer quelques leçons du modèle japonais.

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