Nicaragua: l’opposition dénonce un manque de volonté du gouvernement
L’opposition nicaraguayenne a accusé mercredi le gouvernement de Daniel Ortega de manquer de volonté pour tenter de sortir le pays de la crise politique, plus d’un mois après le début de négociations.
«La volonté politique est inexistante du côté du gouvernement», a déploré l’économiste Juan Sebastian Chamorro, un représentant de l’Alliance civique pour la justice et la démocratie (ACJD), bon peu avant la reprise des discussions mercredi.
Après plusieurs mois d’interruption, le gouvernement et l’opposition ont retrouvé la table des négociations le 27 février pour chercher une issue à la crise politique qui secoue le pays depuis l’éclatement en avril 2018 de fortes protestations anti-gouvernementales.
La violente répression a fait 325 morts, essentiellement parmi les opposants, des centaines de personnes ont été emprisonnées pour avoir participé aux manifestations et plus de 50 000 Nicaraguayens ont quitté le pays.
La crise a également plongé le pays dans la récession, avec une chute de la croissante de 3,8% en 2018, selon la Banque centrale.
Les discussions entre les parties butent notamment sur la participation de garants internationaux, la répression des manifestations, et le nombre de libérations d’opposants, selon Juan Sebastian Chamorro.
L’opposant s’est par ailleurs montré peu optimiste quant au respect de la date-butoir de mercredi fixée pour la fin des pourparlers. Les deux parties pourraient décider de prolonger ces discussions.
Lundi, la délégation du gouvernement a refusé la proposition de l’opposition d’inviter la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) et le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU comme garants des accords sur le rétablissement des droits humains dans le pays.
Malgré ces divergences, les deux parties ont accepté de discuter mardi du troisième point à l’agenda sur «la justice, les réparations et le non retour» de la répression contre les opposants, mais la proposition du gouvernement a été une «farce», a dénoncé M. Chamorro.
Des désaccords persistent également sur la liste des opposants emprisonnés que le chef de l’État a promis le 20 mars de libérer sous trois mois.
Selon l’opposition, 779 personnes ont été détenues pour avoir participé aux manifestations, dont 150 libérées en mars et placées en résidence surveillée. La Commission justice et vérité, à l’initiative du Parlement, dominé par la majorité présidentielle, évoque 261 prisonniers.