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La Première ministre roumaine hérite du parti social-démocrate en crise

Viorica Dancila Photo: Adrian CATU / AFP
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La Première ministre roumaine Viorica Dancila a été élue samedi à la tête du Parti social-démocrate (PSD) en crise, un mois après l’incarcération pour corruption de son chef controversé, Liviu Dragnea, et une défaite surprise aux Européennes.

«Il faut le reconnaître, le PSD traverse une période difficile», a déclaré Mme Dancila, 55 ans, devant près de 4000 élus réunis en congrès à Bucarest.

Mais elle a assuré que «la guerre n’est pas perdue» pour le parti de gauche revenu au pouvoir en 2016 et pilier de la vie politique roumaine depuis la chute du communisme fin 1989.

La première tâche de la nouvelle dirigeante sera de trouver un candidat pour affronter le chef de l’État de centre droit Klaus Iohannis en quête d’un deuxième mandat à la présidentielle prévue cet automne.

Mme Dancila succède à la tête du PSD au sulfureux Liviu Dragnea, incarcéré fin mai le jour de sa condamnation en appel à une peine de trois ans et demi de prison dans une affaire d’emplois fictifs.

Artisan de la victoire du PSD aux législatives de 2016, M. Dragnea avait été empêché de briguer le poste de Premier ministre par une précédente condamnation avec sursis pour fraude électorale.

Sans jamais prononcer le nom de son prédécesseur, dont elle avait été décrite comme la «marionnette parfaite» lors de sa nomination en janvier 2018, Mme Dancila a plaidé pour un «dialogue plus étroit avec les partenaires européens», en rupture avec le discours souverainiste de M. Dragnea qui avait choisi le bras de fer avec les institutions européennes.

La Première ministre a également désavoué une refonte controversée du système judiciaire menée au pas de charge par la gauche depuis 2016, suscitant les vives critiques de Bruxelles et une vague de contestation d’une ampleur sans précédent depuis la chute du communisme.

Perçue par l’opinion publique comme une démarche destinée à «favoriser certains hommes politiques» sous le coup d’enquêtes pour corruption, cette réforme serait en partie responsable de la défaite du PSD aux élections européennes du mois de mai, a reconnu Mme Dancila samedi.

«Si notre agenda diffère de celui des Roumains, nous risquons un nouveau revers», a-t-elle lancé, assurant que son gouvernement n’adopterait plus de décrets d’urgence sur la justice.

La Première ministre a eu beau recueillir une majorité des suffrages – 2828 -, c’est toutefois un autre candidat, Liviu Plesoianu, qui semble avoir conquis le coeur des participants. Son discours aux accents antieuropéens a été longuement applaudi, signe que le PSD n’est pas prêt à tourner la page de l’ère Dragnea et de ses diatribes contre les «étrangers» et le «traitement discriminatoire» de Bruxelles envers la Roumanie.

Agence France-Presse

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