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13:38 1 septembre 2019 | mise à jour le: 1 septembre 2019 à 15:56 temps de lecture: 4 minutes

Amazonie: Bolsonaro s’en prend à l’Europe et se rapproche des Etats-Unis

Amazonie: Bolsonaro s’en prend à l’Europe et se rapproche des Etats-Unis
Photo: Alex Wong/Getty ImagesLe président du Brésil Jair Bolsonaro

Le président Jair Bolsonaro a estimé vendredi que l’Europe n’avait « pas de leçon à donner » au Brésil sur l’Amazonie, tandis que son ministre des Affaires étrangères se réjouissait de la proximité de son pays avec les États-Unis après une entrevue avec Donald Trump.

Le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, et Eduardo Bolsonaro, le fils député du président et possible futur ambassadeur à Washington, se sont rendus à la Maison-Blanche, à la recherche de soutien alors que le Brésil est depuis une semaine sous une intense pression internationale.

Les deux hommes se sont entretenus une trentaine de minutes avec le président américain.

« Les gouvernements sont sur la même longueur d’onde », a assuré ensuite à la presse M. Araujo, se félicitant que « pour la première fois » le président américain reçoive des officiels n’ayant pas le rang de président ou de chef d’État.

Selon le ministre brésilien, « les gouvernements partagent le point de vue que les pays sont souverains sur leur territoire » et que les feux dans la plus vaste forêt tropicale du monde ne doivent pas être « un prétexte pour promouvoir l’idée d’un comité international pour gérer l’Amazonie ».

Le président américain avait félicité mardi Jair Bolsonaro, estimant qu’« il travaillait très dur » dans la lutte contre les incendies en Amazonie, prenant totalement le contrepied des autres membres du G7. Il avait exprimé le « soutien sans réserve » des États-Unis au Brésil.

Nouveaux feux

Sur le terrain, les feux continuent de progresser, malgré une interdiction temporaire des brûlis et la mobilisation depuis le week-end dernier de 18 avions et 3900 hommes en Amazonie.

Quelque 2300 nouveaux départs de feu ont ainsi été enregistrés au Brésil par l’Institut national de recherche spatiale (INPE), dont près de 1.500 dans les neuf États d’Amazonie.

Le total des incendies enregistrés dans le pays depuis janvier est de plus de 87 000, au plus haut depuis l’année 2010, où plus de 132 000 feux avaient été relevés sur la même période.

Le Para est l’État le plus affecté avec 587 nouveaux feux en 24 heures (+67%). Dans le Rondônia, où l’armée a concentré ses efforts, 67 nouveaux foyers ont été relevés, trois fois plus que la veille.

Il « n’est pas vrai » que la forêt amazonienne soit « en feu », avait affirmé jeudi soir M. Bolsonaro sur Facebook, tout en assurant que « les incendies cette année sont inférieurs à la moyenne de ces dernières années ».

Le président d’extrême droite a accusé la presse brésilienne de « nourrir » l’inquiétude internationale à ce sujet.

Pour les Brésiliens, l’intérêt international pour l’Amazonie est légitime

Selon un sondage publié dimanche, 76% des Brésiliens estiment que l’intérêt international pour la préservation de l’Amazonie est «légitime», mais 75% d’entre eux considèrent que l’administration de sa forêt tropicale incombe au Brésil.

L’institut Datafolha a réalisé ce sondage les 29 et 30 août, une semaine après une augmentation des incendies dans l’Amazonie qui a fait l’objet d’un échange tendu entre le président brésilien Jair Bolsonaro et son homologue français Emmanuel Macron.

M. Macron avait proposé de conférer à la forêt tropicale un «statut international», ce que M. Bolsonaro avait qualifié d’atteinte à la souveraineté nationale.

Pour 22% des personnes interrogées, l’idée de M. Macron est plausible, mais 40% considèrent que le Brésil doit administrer l’Amazonie «en accord avec les intérêts du pays».

Jair Bolsonaro a refusé une aide de 20 millions de dollars annoncée comme une contribution du G7 à la lutte contre les incendies.

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