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La Colombie prête à défendre sa souveraineté face aux «menaces» du Venezuela

Maduro
Le président vénézuélien Nicolás Maduro Photo: Spencer Platt/Getty Images

Les autorités colombiennes se sont dites «prêtes» à défendre leur souveraineté face aux «menaces» du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a accusé Bogota d’effectuer des manoeuvres pour déclencher un conflit militaire avec son pays, a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères.

Face aux «menaces qui viennent du régime chaviste, les autorités colombiennes ne cèdent de toute manière pas à la provocation, mais sont prêtes à garantir la souveraineté et la tranquillité des Colombiens», a déclaré le chef de la diplomatie colombienne, Carlos Holmes Trujillo, dans un enregistrement audio envoyé à la presse.

Nicolas Maduro avait accusé mardi son homologue colombien Ivan Duque de «manoeuvrer» pour «déclencher un conflit» en prétextant du retour aux armes d’anciens chefs guérilleros des Farc, un nouvel accès de tensions dans les relations exécrables entre les deux chefs d’état.

D’un ton martial, face à des soldats réunis pour une cérémonie à Caracas, le président vénézuélien a accusé Ivan Duque de se servir «d’accusations infondées pour agresser le Venezuela et déclencher un conflit militaire contre notre pays».

Bogota, s’est-il exclamé, «manoeuvre» pour «renforcer» ces accusations et aggraver les tensions.

Les soldats vénézuéliens, déployés le long des 2200 km de frontière que partagent les deux pays, ont été placés en «alerte orange (…) face à la menace d’agression de la Colombie contre le Venezuela», a ajouté Nicolas Maduro sans préciser ce qu’impliquait une alerte «orange».

Il a ajouté que des exercices militaires auraient lieu à la frontière entre les 10 et 28 septembre pour «mettre en condition le système armé et tout le déploiement opérationnel».

Les relations entre le président socialiste et son homologue de droite Ivan Duque sont calamiteuses.

Mais l’affrontement verbal entre eux est monté d’un cran après l’annonce la semaine dernière du retour aux armes d’ex-chefs de l’ancienne guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui se sont mis en marge de l’accord de paix signé fin 2016.

Ivan Duque a lancé une offensive militaire contre ces ex-rebelles qu’il a qualifiés de «bande de narco-terroristes qui compte sur l’hébergement et le soutien de la dictature de Nicolas Maduro» au Venezuela.

Caracas a rejeté ces accusations.

Le président colombien ne cesse d’exiger le départ de Nicolas Maduro et son gouvernement a reconnu le chef de file de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim, tout comme une cinquantaine d’autres pays, dont les États-Unis.

De son côté, Juan Guaido, chef du Parlement unicaméral, a déclaré mardi à des journalistes vouloir «collaborer avec le gouvernement colombien dans le domaine du renseignement et pour détecter les groupes qui opèrent de manière illégale» sur le territoire vénézuélien.

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