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Trump a bien demandé à l’Ukraine d’enquêter sur son opposant Joe Biden

Trump a bien demandé à l’Ukraine d’enquêter sur son opposant Joe Biden
Photo: Alex Brandon/APDonald Trump

Le président américain Donald Trump a bien demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur son le prétendant démocrate à la Maison blanche, Joe Biden. C’est ce que confirme la transcription d’un appel téléphonique entre les deux dirigeants rendue publique mercredi.

La transcription est disponible sur le site du New York Times.

«On parle beaucoup du fils de Biden et du fait que Biden ait arrêté l’enquête et beaucoup de gens veulent en savoir plus sur le sujet. Donc cela serait formidable si vous pouviez vous pencher dessus», dit-il au président Volodymyr Zelensky lors de cet échange du 25 juillet.

Donald Trump propose à cette occasion à son homologue ukrainien de travailler en coopération avec son avocat Rudy Giuliani, «un homme très respecté» et avec le ministre américain de la Justice Bill Barr et précise que les deux juristes vont se mettre en contact avec lui prochainement.

Lundi, le président américain a nié toute allégation d’avoir fait pression sur Zelensky. Il a toutefois confirmé avoir soulevé l’affaire pendant leur conversation.

Dans la foulée de cette affaire, le Parti démocrate a enclenché les procédures de destitution contre Donald Trump. Biden est l’un des candidats à l’investiture démocrate à la Maison blanche.

Une affaire de corruption

Hunter Biden, fils du favori à la primaire démocrate pour 2020, a été membre de 2014 à 2019 du comité de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma. L’entreprise a été visée par une enquête pour corruption. Hunter Biden n’a toutefois jamais été inquiété.

Donald Trump accuse Joe Biden d’avoir réclamé le limogeage du procureur général ukrainien pour protéger les intérêts de son fils, en 2015.

Alors vice-président de Barack Obama, le démocrate a bien exigé le départ de ce procureur, mais dans le cadre d’une campagne de lutte contre la corruption menée avec les Européens et les organisations internationales. Ces entités militaient aussi pour le départ de ce responsable accusé d’entraver les réformes.

Quelques jours avant l’appel entre MM. Trump et Zelensky, le président américain a gelé une aide de près de 400 millions de dollars, destinée à Kiev.

Les démocrates le soupçonnent d’avoir utilisé ce levier pour faire pression sur son homologue afin de nuire à Joe Biden et ont annoncé mardi qu’ils allaient ouvrir une procédure de destitution à son encontre.

Dans son échange, M. Trump ne mentionne pas cette aide. Il se plaint seulement que les États-Unis en fasse plus pour l’Ukraine que les Européens.

La conversation soulève toutefois la question d’une autre contrepartie. M. Trump invite son homologue à la Maison Blanche, après avoir écouté sa réponse sur sa demande concernant Joe Biden.

«Les États-Unis ont été très, très bons pour l’Ukraine et je ne dirais pas que ça a forcément été réciproque», déclare-t-il aussi. Trump assure que la tentaculaire enquête (aujourd’hui bouclée) sur l’ingérence russe lors de la présidentielle 2016 avait trouvé des ramifications en Ukraine.

Trump nie encore

Mercredi, Donald Trump a répété ne pas avoir exercé «la moindre pression» sur l’Ukraine.

«C’est probablement la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire américaine. […] C’est une honte», a déclaré M. Trump, très remonté, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Selon le locataire de la Maison Blanche, les médias avaient présenté cet échange téléphonique comme «un échange sorti tout droit de l’enfer». Or, la transcription démontre, selon lui, qu’il s’agissait d’un «échange anodin».

«Une partie du problème est lié aux Fake News. […] Il y a beaucoup de journalistes corrompus», a-t-il poursuivi, à l’issue d’une réunion sur le Venezuela dans un hôtel new-yorkais.