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19:04 15 décembre 2019 | mise à jour le: 15 décembre 2019 à 19:04 temps de lecture: 3 minutes

Brésil: Bolsonaro fustige le «jeu commercial» à la COP 25

Brésil: Bolsonaro fustige le «jeu commercial» à la COP 25
Photo: Madoka Ikegami-Pool via Getty ImagesJair Bolsonaro

Le président brésilien Jair Bolsonaro a fortement critiqué dimanche le dénouement de la Cop 25 à Madrid, dénonçant depuis Brasilia le «jeu commercial» auquel se seraient livrés selon lui les pays riches, notamment européens.

«Je ne sais pas pourquoi les gens n’arrivent pas à comprendre que c’est juste un jeu commercial», a affirmé le chef de l’État lors d’un point presse à la sortie de sa résidence officielle du Palais de l’Alvorada.

«J’aimerais bien savoir: y a-t-il eu une résolution pour que l’Europe soit reboisée ou est-ce qu’ils continuent juste à perturber le Brésil?», a-t-il poursuivi.

Le Brésil était censé accueillir la Cop 25, Conférence sur le climat de l’ONU, mais a renoncé à recevoir l’événement il y a un an, peu après l’élection de Jair Bolsonaro.

Le Chili s’était proposé pour l’organiser à la place du Brésil, mais la conférence a finalement eu lieu à Madrid en raison de la crise sociale chilienne.

«Pourquoi je n’ai pas accepté d’accueillir la Cop 25 au Brésil? C’est moi qui l’ai décidé. Ils auraient fait leur carnaval au Brésil», a affirmé M. Bolsonaro dimanche.

Climatosceptique notoire, le président d’extrême droite du Brésil est régulièrement sous le feu des critiques en raison de sa politique environnementale jugée nocive pour l’Amazonie par ses détracteurs.

Il avait notamment défrayé la chronique fin août en relativisant la recrudescence de feux de forêt et l’augmentation de la déforestation sous son mandat.

Cette semaine, M. Bolsonaro s’est attaqué à la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, en la traitant de «gamine» et en l’accusant de «faire son show à la COP 25».

L’adolescente de 16 ans, que le magazine Time a choisie comme personnalité de l’année, a réagi avec humour, en modifiant quelques heures durant la description de son profil Twitter, ajoutant le terme «pirralha» (gamine) utilisé par le président brésilien.

Dimanche, à Madrid, où il avait participé à la COP 25, le ministre brésilien de l’Environnement Ricardo Salles a également critiqué le résultat de la conférence, estimant sur Twitter qu’elle n’avait «débouché sur rien (…) parce que les pays riches n’ont pas voulu mettre la main à la poche».

Il a notamment regretté l’absence d’avancée en ce qui concerne la mise en place de l’article 6 des accords de Paris sur les mécanismes de marché de crédit carbone, les négociations sur ce sujet ayant été reportées à l’an prochain, lors de la Cop 26, à Glasgow.

«Malheureusement, malgré tous les efforts du Brésil, une vision protectionniste l’a emporté et le Brésil et d’autres pays qui pourraient fournir des crédits carbone en raison de leurs forêts et de leurs bonnes pratiques environnementales, sont sortis perdants», a déploré le ministre.

Quelques heures plus tard, M. Salles a publié un Tweet provocateur, avec une photo d’un grand plat de viande à la plancha pour illustrer le message: «pour compenser nos émissions à la COP, un déjeuner veggie!».

Le Brésil est le premier exportateur mondial de viande bovine et la déforestation est souvent causée par des éleveurs désireux de transformer la jungle amazonienne en pâture pour leur bétail.

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