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13:54 5 janvier 2020 | mise à jour le: 5 janvier 2020 à 13:54

Chili: une réforme de la santé pour apaiser la crise sociale

Chili: une réforme de la santé pour apaiser la crise sociale
Photo: Marcelo Hernandez/Getty ImagesManifestation à Santiago du Chili le 20 décembre 2019

Le président du Chili Sébastian Piñera a annoncé dimanche un projet de loi visant à réformer le système de santé en réponse à la contestation sociale qui secoue le pays depuis près de trois mois.

Cette réforme du Fonds national de santé (FONASA), dans le but de progresser vers un «plan de santé universel», tient compte de ce «les gens nous ont demandé», a affirmé le président en présentant son projet.

Le plan doit bénéficier aux 14,5 millions de Chiliens qui fréquentent le secteur public de la santé et aux plus de trois millions de patients du secteur privé.

Il prévoit notamment de «baisser le prix des médicaments» et d’étendre les autorisations données aux cliniques privées de soigner les usagers du secteur public.

La participation de l’État dans l’achat de médicaments sera aussi augmentée, a souligné le président, en faisant miroiter «une baisse allant jusqu’à 60% du prix» des traitements des maladies chroniques comme l’hypertension et le diabète.

Le Chili est un des pays de la région où les médicaments coutent le plus cher et le système de santé est une des principales préoccupations des Chiliens qui manifestent depuis octobre contre les inégalités sociales.

Le parlement doit examiner ce projet de réforme de la santé en même temps qu’une série de mesures qui font partie d’un «agenda social» par lequel le gouvernement cherche à répondre à la contestation.

Début décembre, le gouvernement a mis 5,5 milliards de dollars US sur la table pour tenter de résoudre la crise sociale et faire repartir l’activité économique qui s’est effondrée en octobre. Il a aussi promis de verser une prime exceptionnelle à 1,3 million de familles.

La crise sociale s’est déclenchée le 18 octobre, avec des manifestations d’étudiants contre une hausse du prix du ticket de métro, qui se sont ensuite muées en une révolte sociale d’ampleur, la plus grave depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Les Chiliens n’ont pas cessé de protester contre les inégalités qui règnent dans un pays à l’économie prospère et où l’État est selon eux défaillant dans les domaines de l’éducation, de la santé et des retraites. Ces manifestations ont fait jusqu’à présent 29 morts.

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