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10:54 19 février 2020 | mise à jour le: 19 février 2020 à 10:54

Premier débat attendu pour le candidat Bloomberg

Premier débat attendu pour le candidat Bloomberg
Photo: Brett Carlsen/Getty ImagesPremier débat télévisé pour le candidat Bloomberg à Las Vegas

Accusé par ses rivaux d’avoir «acheté» sa place dans la présidentielle américaine, Michael Bloomberg devrait faire face mercredi au feu croisé des autres candidats à l’investiture démocrate lors de son premier débat télévisé de la campagne.

Le débat démocrate, organisé dans la soirée à Las Vegas, dans le Nevada, promet d’être houleux entre les candidats qui espèrent défier le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.

Neuvième homme le plus riche du monde en 2019 selon Forbes, Michael Bloomberg se présente en candidat capable de rassembler au centre. L’ancien maire de New York et patron de l’agence Bloomberg finance sa candidature à coup de centaines de millions de dollars tirés de ses fonds personnels.

«J’ai quelque chose à dire à M. Bloomberg: les Américains en ont assez que des milliardaires achètent les élections», a lancé ce week-end le sénateur indépendant Bernie Sanders qui a pris une bonne avance dans la course à l’investiture démocrate selon un sondage national publié mercredi.

M. Sanders recueille ainsi 32% des intentions de vote en février, gagnant 9 points depuis janvier, selon l’enquête d’opinion mensuelle Washington Post-ABC.

Sans s’être encore présenté à une seule primaire, Michael Bloomberg grimpe lui à la troisième place de ce sondage avec 14%.

En chute, l’ancien vice-président Joe Biden arrive quant à lui en deuxième position tandis qu’Elizabeth Warren n’est qu’en quatrième place, suivie par deux modérés avec le vent en poupe, l’ex-maire de South Bend Pete Buttigieg puis la sénatrice Amy Klobuchar.

Bloomberg : une candidature controversée

Après une entrée très tardive dans la campagne, en novembre, M. Bloomberg a opté pour une stratégie rarissime dans l’histoire des primaires américaines: faire l’impasse sur les quatre premiers Etats qui votent en février (Iowa, New Hampshire, Nevada et Caroline du Sud).

À 78 ans, il entrera donc dans la course lors du «Super Tuesday» du 3 mars, lorsque les 14 prochains Etats voteront.

En tablant sur ces États riches en «délégués», Michael Bloomberg pense pouvoir compenser son retard. Car c’est celui, ou celle, qui obtiendra une majorité de délégués (1991) qui décrochera l’investiture du parti.

Une approche vivement critiquée par Pete Buttigieg mardi lors d’un débat organisé par la chaîne CNN dans le Nevada.

«Comment appelez-vous ça lorsqu’une personne puise dans sa réserve illimitée de millions et de milliards et ne se donne même pas la peine de faire campagne dans des Etats comme le Nevada, l’Iowa ou le New Hampshire ?» a demandé M. Buttigieg.

Disposant d’une fortune personnelle estimée par Forbes à environ 60 milliards de dollars, il a déjà dépensé plus de 300 millions en spots publicitaires qui tournent en boucle.

Michael Bloomberg y souligne son engagement pour la lutte contre le changement climatique et contre les violences par armes à feu qui font des ravages aux États-Unis.

Mais sans convaincre l’aile gauche du parti qui observe avec hostilité cet ancien républicain devenu indépendant avant de passer démocrate.

Les critiques fusent aussi du côté des candidats modérés, qui s’indignent d’anciens propos et politiques de M. Bloomberg, perçus comme discriminatoires.

L’ancien maire s’est ainsi excusé d’avoir longtemps défendu les interpellations et fouilles arbitraires («stop-and-frisk»), accusées d’avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York.

Il met désormais en avant ses propositions censées aider les minorités et a reçu le soutien d’influents élus noirs qui saluent ses excuses et appellent à aller de l’avant.

Option contre Trump

Chez les électeurs démocrates, un seul objectif prime: choisir le candidat capable de battre Donald Trump le 3 novembre. Et certains voient justement en Michael Bloomberg leur meilleure option.

Les deux milliardaires croisent d’ailleurs déjà le fer sur les réseaux sociaux.

Le président républicain surnomme régulièrement le candidat démocrate «Mini Mike», en allusion à sa taille (1,70 m). Mardi, il l’a aussi accusé, sans preuve, «d’acheter illégalement l’investiture démocrate».

M. Bloomberg le lui rend bien, en affirmant que le républicain a peur de l’affronter à la présidentielle. Ce «self-made man» ironise aussi sur la fortune de M. Trump, qu’il «a héritée de son père et mal dépensée».

Le débat se tient mercredi dans le Nevada car cet État de l’Ouest américain organisera samedi le troisième vote des primaires.

Bernie Sanders arrive en tête de la moyenne des rares sondages menés dans le Nevada, suivi par Joe Biden.

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