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11:48 31 mars 2020 | mise à jour le: 31 mars 2020 à 14:59 temps de lecture: 3 minutes

Venezuela: Guaido cité à comparaître pour «tentative de coup d’État»

Venezuela: Guaido cité à comparaître pour «tentative de coup d’État»
Photo: Carlos Becerra/Getty ImagesJuan Guaido

Le chef de l’opposition au Venezuela Juan Guaido est convoqué jeudi par le ministère public dans le cadre d’une enquête pour «tentative de coup d’État» et «tentative de magnicide» contre le président Nicolas Maduro, a annoncé mardi le procureur général, Tarek William Saab.

Dans le même temps, les États-Unis ont appelé mardi leur allié Juan Guaido à renoncer, au moins temporairement, à la présidence du Venezuela en l’attente de nouvelles élections, dans un changement de tactique qui sonne comme un aveu d’échec de leur stratégie pour chasser Nicolas Maduro du pouvoir.

Depuis janvier 2019, Washington reconnaît l’opposant comme président par intérim du pays en crise et n’a cessé de renforcer ses sanctions pour obtenir le départ du dirigeant socialiste.

Mais malgré le soutien de plus de cinquante pays, c’est l’impasse.

La diplomatie américaine a donc proposé mardi un nouveau «cadre pour une transition démocratique».

Guido accusé de «coup d’État»

«Dans le cadre de l’enquête lancée la semaine dernière pour tentative de coup d’État et de magnicide (…) après la découverte en Colombie d’un arsenal de guerre destiné au Venezuela, nous avons cité à comparaître le citoyen Juan Guaido jeudi prochain devant ce ministère public», a indiqué M. Saab dans une déclaration retransmise par la chaîne d’État VTV.

Le 25 mars, le gouvernement vénézuélien a dénoncé une tentative de coup d’État après la découverte en Colombie d’un stock d’armes. Y figurait notamment 26 fusils d’assaut, des lunettes de vision nocturne et des silencieux, selon le ministre de la Communication Jorge Rodriguez, qui citait des médias colombiens.

«L’intention principale était d’introduire (au Venezuela) des groupes d’assaut chargés de l’assassinat du président de la République, du président de l’Assemblée constituante (Diosdado Cabello), des vice-présidents et des ministres», avait affirmé Jorge Rodriguez, mettant en cause le président colombien Ivan Duque.

Bogota et Caracas ont rompu leurs relations en février 2019 et Ivan Duque ne reconnaît pas ce qu’il appelle «la dictature» de Nicolas Maduro.

Le ministre vénézuélien avait également accusé le général vénézuélien à la retraite Cliver Alcala, réfugié en Colombie depuis deux ans, de participer à ce «complot”» échafaudé dans le pays voisin avec le soutien des États-Unis, selon le pouvoir chaviste, qui accuse aussi Juan Guaido d’y avoir pris part.

Ce même Cliver Alcala, ancien proche collaborateur de l’ex-président Hugo Chavez (1999-2013), s’est rendu vendredi aux autorités américaines en Colombie. Il a été emmené à New York dans la foulée.

Washington a offert jeudi 15 millions de dollars US pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien et de 14 responsables ou ex-responsables vénézuéliens, inculpés de «narco-terrorisme» aux États-Unis, dont Cliver Alcala.

Peu avant sa reddition, cet ancien général avait affirmé sur les réseaux sociaux que les armes découvertes étaient siennes et qu’elles étaient destinées à une opération militaire pour «lancer la libération» du Venezuela. Il avait également impliqué Juan Guaido dans ce plan présumé.

Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par près de soixante pays, tente sans succès d’évincer Nicolas Maduro, un «usurpateur», depuis un peu plus d’un an.

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