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13:37 24 mai 2020 | mise à jour le: 24 mai 2020 à 13:37 temps de lecture: 4 minutes

Confinement: la pression monte sur un conseiller de Boris Johnson

Confinement: la pression monte sur un conseiller de Boris Johnson
Photo: Peter Summers/Getty ImagesDominic Cummings

La pression s’intensifie dimanche au Royaume-Uni, y compris de la part de la majorité conservatrice, pour exiger le départ du conseiller spécial de Boris Johnson, Dominic Cummings, visé par de nouvelles accusations de non-respect du confinement instauré pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Cerveau de la campagne en 2016 pour le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, le conseiller du premier ministre britannique est un personnage controversé, dépeint par ses détracteurs comme une sorte de mauvais génie du leader conservateur.

Signe de l’intensité de la tension qui règne, Boris Johnson donnera lui-même la conférence de presse quotidienne de Downing Street, attendue pour 17H00 locales (16H00 GMT), une heure plus tard qu’habituellement le week-end.

Après avoir défendu le choix de ce conseiller puissant et controversé de se rendre fin mars chez ses parents à Durham (400 km au nord-est de Londres), alors qu’il craignait d’être atteint de la COVID-19, Downing Street a dû faire face à de nouvelles accusations.

Selon le Guardian et le Daily Mirror, Dominic Cummings, 48 ans, a également été vu à Durham le 19 avril, cinq jours après son retour à Londres pour se remettre au travail après sa guérison.

Interrogé dimanche par des journalistes devant son domicile londonien, le conseiller spécial a nié s’être de nouveau rendu à Durham en avril. Alors qu’il se trouvait à Downing Street dimanche après-midi, deux policiers en tenue se sont présentés chez lui et ont trouvé porte close, avant de repartir, a constaté un photographe de l’AFP.

«Nous ne perdrons pas notre temps à répondre à un flot de fausses allégations à propos de M. Cummings provenant de journaux militants», ont déclaré samedi soir les services du premier ministre.

Selon les deux quotidiens, Dominic Cummings a également été vu le 12 avril, le dimanche de Pâques, à Barnard Castle, à une cinquantaine de kilomètres de Durham.

Au Royaume-Uni, deuxième pays dans le monde le plus durement touché par la pandémie avec 36 675 morts –plus de 41 000 en incluant les cas non confirmés–, cette affaire vient embarrasser Boris Johnson, déjà cible de vives critiques sur sa gestion de la crise du coronavirus.

Interrogé dimanche matin sur la BBC, le ministre des Transports Grant Shapps a déclaré que Dominic Cummings ne démissionnerait pas. La veille, il avait assuré que le conseiller conservait l’«entier soutien» du premier ministre, qui a lui-même été infecté par le virus.

«Certainement pas indispensable»

L’opposition travailliste a demandé l’ouverture d’une enquête. L’unité affichée chez les conservateurs a commencé à se fissurer au grand jour dimanche matin, lorsque Steve Baker, député influent au sein du parti majoritaire, a estimé que Dominic Cummings devait partir. «Il n’est certainement pas indispensable», a déclaré M. Baker sur la chaîne d’information Sky News, «je pense que c’est la fin du chemin».

Etrillant un Dominic Cummings qui «a l’habitude de croire que les règles ne s’appliquent pas à lui», le député conservateur Damian Collins a quant à lui estimé sur Twitter que le gouvernement se porterait mieux «sans lui».

«Des millions de gens ont mis leurs vies entre parenthèses, ont fait des sacrifices énormes pour obéir aux règles pendant cette période», a souligné une responsable du parti travailliste, Sarah Jones. «Nous avons vu les coeurs brisés de gens qui n’ont pas pu assister aux obsèques de ceux qu’ils aiment», a-t-elle dénoncé sur Sky News.

Pour le chef de file des indépendantistes écossais au Parlement de Westminster, Ian Blackford, le premier ministre doit faire preuve d’autorité et s’assurer que M. Cummings quitte Downing Street «aujourd’hui et qu’il ne revienne pas».

Après les premières révélations, Downing Street avait expliqué que Dominic Cummings s’était rendu chez ses parents car il avait besoin d’aide pour la garde de son fils, alors que sa femme était malade, et qu’il avait séjourné dans un bâtiment séparé de la propriété. Sa soeur laissait les courses à l’extérieur pour le couple et leur enfant.

Avant cette affaire, le Royaume-Uni a connu deux démissions retentissantes pour non-respect du confinement en vigueur depuis le 23 mars. Un influent conseiller scientifique du gouvernement, le Pr Neil Ferguson avait démissionné après avoir reçu chez lui une femme, présentée comme sa maîtresse.

Début avril, la cheffe des services sanitaires écossais, Catherine Calderwood, a quitté son poste après avoir reconnu s’être rendue à deux reprises dans sa résidence secondaire.

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