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Haïti dans un vide constitutionnel

Photo: Richard Pierrin/Getty Images

À la suite de l’assassinat du président d’Haïti, Jovenel Moïse, le 7 juillet, dans sa résidence privée, la Concertation pour Haïti (CPH), un regroupement de solidarité avec le peuple haïtien, s’inquiète de la période de transition avant l’élection d’un nouveau président.

En effet, étant donné que l’assassinat rend impossible le passage du pouvoir d’un président élu à un autre président élu, la période de transition pourrait être «déterminante pour l’avenir du pays», selon Marc-Édouard Joubert et Jean-Claude Icart, de la CPH. 

Dans une déclaration publiée lundi, le regroupement explique qu’il est impossible de respecter la lettre de la Constitution puisqu’une telle situation n’a pas été prévue et les institutions qui auraient pu prendre le relais ont été mises hors d’état de fonctionner par les deux gouvernements du PHTK, le parti au pouvoir en Haïti depuis 10 ans.

Beaucoup de questions demeurent présentement quant à ce qui va se passer dans les prochaines semaines, à savoir si les haïtiens assistent à un coup d’État, si un gouvernement de transition sera mis en place avant des élections, si le pays tombera dans la tutelle de la communauté internationale ou bien sous le contrôle du pouvoir des gangs armés.

Selon la CPH, il est toujours possible de s’inspirer de l’esprit de cette constitution pour mettre en place une structure de transition négociée entre les différents corps organisés de la société haïtienne. «Des négociations en ce sens vont d’ailleurs bon train et nous espérons qu’elles permettront de trouver dans les meilleurs délais, des solutions aux multiples problèmes auxquels le pays fait face», ajoute-t-on.

En Haïti, les groupes organisés de la société travaillent depuis près de deux ans sur une formule de transition qui serait un nouveau départ pour le pays. «Il est grand temps d’écouter le peuple haïtien et de l’appuyer dans ses choix», souligne le regroupement dans son communiqué. 

Rôle de la communauté internationale

D’ailleurs, la CPH se demande quelle position prendra la communauté internationale étant donné que «six pays étrangers sont mentionnés pour le moment en relation avec l’attentat mortel dont a été victime le président Jovenel Moïse», selon l’agence haïtienne AlterPresse. 

Pour le regroupement, il est clair que la communauté internationale devrait soutenir les efforts mis en place localement pour permettre l’établissement d’un gouvernement de transition qui jouirait d’un large consensus et qui pourrait commencer à s’attaquer au climat d’impunité, à l’insécurité, à la corruption et à la pauvreté endémique dans le respect du droit à l’autodétermination de la population haïtienne.

«Les dirigeants actuels ont déjà demandé de l’aide à la communauté internationale. Il pourrait être tentant d’utiliser cette position de force pour imposer au pays des solutions. Cette voie a déjà été adoptée et n’a pas donné de bons résultats», indique la CPH, qui condamne fermement le meurtre de Jovenel Moïse. 

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