Monde

Agressée, Urooj s’immole par le feu, mais découvre une nouvelle vie

Photo: Amima Sayeed
Elisabeth Braw - Metro World News

Urooj a tenté de se tuer en s’immolant par le feu. «Ma belle-famille me torturait», raconte-t-elle. Et les choses se sont vite aggravées parce qu’elle n’est pas rapidement tombée enceinte. «Mon mari me disait : “Tu es stérile; à quoi sers-tu donc?”» rapporte-t-elle. Puis, elle est tombée enceinte et a donné naissance à une fille : malheur!

Urooj a survécu à ses brûlures, mais 70 % de son corps a été touché. Ses parents lui ont reproché son comportement, tandis que son mari s’est remarié. Urooj n’a plus jamais revu sa fille. C’est un ami qui, après avoir entendu parler de Smile Again, l’y a conduite. Elle est aujourd’hui esthéticienne.

Elle a récemment rencontré un homme sur l’internet, et les deux prévoient se marier, au grand dam des parents d’Urooj. «Ils m’ont dit que j’aurais dû accepter mon sort et continuer à vivre avec mon premier mari, dit-elle. Je leur ai répondu que j’avais tout perdu et que je n’avais pas besoin de parents comme eux.» Urooj est aujourd’hui âgée de 32 ans et travaille à temps plein. Elle a beaucoup de chance. Parmi les 500 femmes qui ont été aidées par Smile Again, seules 8 se sont mariées. «Au cours des années qui suivent l’attaque, elles n’osent pas y penser, explique Mme Misbah. Mais quand elles reprennent confiance en elles, elles commencent à y réfléchir. Le problème est alors de trouver des hommes prêts à se marier avec elles?»

Ces femmes sont des battantes. Elles ont vu la mort de près; elles peuvent donc rêver d’amour elles aussi. Le jour de ma première visite, à la Saint-Valentin, toutes les survivantes-esthéticiennes travaillant au salon de Mme Misbah portaient un rouge à lèvres d’un beau rouge vif.

Ce qu’on peut faire
Un chirurgien italien a promis à Musarrat Misbah de soigner gratuitement trois survivantes. Au Pakistan, de nombreux médecins gonflent plutôt les honoraires qu’ils exigent de Smile Again. Voici ce que vous pouvez faire pour aider :

  • Faire un don sur PayPal
  • Faire du bénévolat. Dans l’un des centres Smile Again ou dans un établissement similaire.
  • Embaucher. Offrez du travail à des survivantes.
  • Encourager. Les plasticiens sont notamment invités à offrir bénévolement leurs services.
  • Soutenir. La page Facebook de Smile Again.
  • Enseigner. Si vous faites un métier qui peut être aisément appris par des survivantes, faites du bénévolat pour le leur enseigner et aidez-les à gagner leur vie.
  • Faire pression. Demandez à votre gouvernement fédéral d’inviter le Pakistan à interdire la vente d’acide, ou du moins à l’encadrer davantage.

Articles récents du même sujet