Des jeunes prennent la caméra pour dénoncer les famines
OXFAM a profité de la 23e édition de la biennale du cinéma africain qui s’est tenue fin février à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pour «lancer un défi aux jeunes Ouest-Africains qui sont nés et ont grandi pendant des crises alimentaires, et aux jeunes Européens qui ont grandi avec l’image des crises alimentaires dans les médias.»
Les participants au concours «Génération sans faim» étaient appelés à réaliser une vidéo d’une durée de 90 secondes à 3 minutes à l’aide de leur téléphone portable, tablette, webcam ou autre appareil. «L’idée était de donner une voix aux jeunes de 18 à 35 ans pour qu’ils interpellent les gouvernements africains et les bailleurs de fonds sur la nécessité d’en finir avec le cycle de la faim en Afrique», a résumé Eric Hazard, responsable régional de la campagne CULTIVONS d’OXFAM, dont le but est de trouver des solutions à l’insécurité alimentaire. «L’exercice qu’on a essayé de faire, c’est d’approcher le public, de sortir notre message du cercle des élites urbaines et des travailleurs du développement; il faut impliquer les jeunes pour qu’ils soient à l’origine des changements», a-t-il ajouté.
Pour augmenter l’impact de son action, OXFAM s’est allié au FESPACO, véritable «Festival de Cannes africain», placé cette année sous le thème «Cinéma africain et politiques publiques en Afrique». «Le cinéma reste un allié important pour sensibiliser les jeunes à des thèmes qui les touchent», a renchéri Omar Kaboré, directeur pays d’OXFAM au Burkina Faso. Au total, 37 vidéos en provenance de l’Afrique, de l’Europe et des Amériques ont été soumises au vote du public sur le site web du concours.
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La grande gagnante de «Génération sans faim» est la pigiste franco-nigérienne Anna Gana Lawan avec sa vidéo intitulée Les solutions sont entre les mains des dirigeants. «Je voulais aller à l’encontre des images misérabilistes des campagnes humanitaires : il faut du positivisme pour casser ce cercle vicieux, et c’est avec ça, ainsi qu’avec son plus grand atout – sa jeunesse –, que l’Afrique va tirer son épingle du jeu», a déclaré celle qui a remporté un voyage d’une semaine à Ouagadougou pour participer au FESPACO. De son côté, le lauréat du 2e prix, le Burkinabé Loci Hermann Kwene, avait un message simple et clair à faire passer avec sa vidéo Le meilleur est possible: «Il faut nourrir la terre, car la terre nous nourrit tous.» Quant au troisième lauréat, le Burkinabé Lazare Sié Palé, il a insisté sur l’important rôle de la guerre comme cause des famines.
Vous pouvez visionner les vidéos à cette adresse : www.generationsansfaim.com