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Une reine ourse dans son royaume en perdition

Photo: Paul Souders/concours de photos National Geographic
Anthony Johnston - Metro World News

Derrière un cliché, une triste réalité
Cette fantastique image d’une ourse polaire tapie sous une banquise fondante a gagné le grand prix de photo 2013 organisé par National Geographic. Le photographe de Seattle Paul Souders a capté ce cliché dans la baie d’Hudson, au Canada, alors que le soleil de minuit brillait dans l’horizon brouillé par la fumée produite par des feux de forêt éloignés.

Entrevue avec Paul Souders, photographe de 52 ans, qui vit à Seattle, dans l’État américain de Washington: «Un moment de confiance»

Quelle est l’histoire de cette photo?
Je me suis rendu en juillet dernier à Churchill, dans la province canadienne du Manitoba, près de la baie d’Hudson. Le village est mondialement célèbre pour les ours polaires qu’on peut y voir. Dans mon petit Zodiac, j’ai trouvé une ourse : elle a nagé vers un iceberg, puis elle a plongé en dessous et est demeurée sous l’eau pendant plusieurs secondes. Elle est restée là à me regarder sous la surface, avant de remonter pour respirer et de plonger à nouveau.

Soudainement, elle a sorti sa tête de l’eau à moins d’un mètre de moi. Ce n’est qu’une semaine plus tard que j’ai regardé le résultat final. Quand j’ai vu le cliché de l’ourse tapie près de la surface, j’ai été complètement surpris!

L’ourse polaire semble aussi pensive que menaçante. Qu’est-ce qu’elle vous évoque?
C’était effrayant, sachant que l’ourse me fixait. Mais elle m’évoque surtout un moment de communion et de confiance, et je me sens incroyablement chanceux d’avoir trouvé cette ourse dans cette immense étendue d’eau, à ce moment précis et magnifique.

Qu’est-ce qui vous a valu le vote des juges, selon vous?
C’est extrêmement difficile de faire une photo qui n’a jamais été faite avant, et je pense que cette photo fait partie de ces raretés. Ce qui la rend si unique, c’est l’histoire derrière l’image. La survie des ours polaires dépend de la banquise, et la saison froide dans la baie d’Hudson devient de plus en plus courte en raison du réchauffement climatique. La chaleur record enregistrée en 2012 et la fumée des feux de forêt créent l’atmosphère apocalyptique de la photographe.

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