Turquie: Erdogan est élu président dès le premier tour
ISTANBUL, Turquie — Le grand patron de la commission électorale de la Turquie a affirmé que Recep Tayyip Erdogan a remporté la première élection présidentielle au suffrage universel direct organisée dans ce pays.
Dimanche soir, Sadi Güven a dit que l’actuel premier ministre turc a raflé une majorité absolue des suffrages. Il a indiqué qu’il ne sera donc pas nécessaire de tenir un deuxième tour de scrutin. Alors que les bulletins contenus dans 98% des urnes avaient été dépouillés, Recep Tayyip Erdogan récoltait 51,95% des voix.
Ekmeleddin Ihsanoglu obtenait 38,34% des appuis alors que le troisième candidat en lice, Selahattin Demirtas, devait se contenter de 9,71% des suffrages. Le principal adversaire du gagnant a reconnu sa défaite lors d’une allocution prononcée à Istanbul. Ekmeleddin Ihsanoglu a lancé qu’il se croisait les doigts pour que les résultats soient bénéfiques pour la démocratie en Turquie tout en offrant ses félicitations au vainqueur qui entreprendra un mandat de cinq ans à titre de chef d’État.
Maintenant qu’il a été donné gagnant, Recep Tayyip Erdogan aura les coudées franches pour mettre de l’avant son plan visant à renforcer les pouvoirs du président qui, à ce jour, a joué un rôle largement honorifique.
En Turquie, M. Erdogan domine le paysage politique depuis longtemps à titre de premier ministre et de dirigeant du Parti de la Justice et du Développement, une formation aux fortes racines islamistes.
Il est détesté des uns et adoré des autres. Ses partisans l’endossent pour avoir su mener la nation turque à travers une période de prospérité économique tandis que ses détracteurs le perçoivent comme un chef de plus en plus autocratique intéressé à jouir d’un pouvoir toujours croissant et à imposer ses positions religieuses et conservatrices dans un pays pourtant reconnu pour sa forte tradition laïque.
En vertu des règles de son parti, il aurait été impossible pour lui d’obtenir un autre mandat à titre de premier ministre. Par le passé, les présidents de la Turquie étaient choisis par les parlementaires.
Or, le gouvernement mené par Recep Tayyip Erdogan a milité en faveur d’un amendement constitutionnel pour changer la donne.