Charlie Hebdo : 78% des Français considèrent que la liberté d’expression est menacée
Huit Français sur dix estiment que la liberté d’expression est menacée depuis l’attentat mercredi contre le siège de l’hebdomadaire Charlie Hebdo, selon un sondage metronews-LCI réalisé par OpinionWay.

L’attentat contre Charlie Hebdo a touché la population en plein cœur. Depuis l’attaque mercredi dans les locaux de l’hebdomadaire satirique, qui a fait douze morts, 78% des Français considèrent que la liberté d’expression est en danger, selon un sondage metronews-LCI réalisé par OpinionWay. « Ce chiffre est d’autant plus impressionnant que 39% des Français considèrent que la liberté d’expression est ‘tout à fait’ menacée », analyse pour metronews Frédéric Micheau, directeur du département opinion chez OpinionWay.
Un sentiment d’indignation largement partagé. Mais plus particulièrement chez les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la précédente élection présidentielle: ils sont en effet 92% à estimer la liberté d’expression menacée, suivis de ceux de Nicolas Sarkozy et de Jean-Luc Mélenchon, à 79%. Par ailleurs, les femmes semblent davantage touchées : elles sont 85% à la considérer en péril, contre 71% chez les hommes. « L’ensemble des Français, quelle que soit leur orientation politique, craignent pour leurs libertés fondamentales », remarque Frédéric Micheau. Une unanimité qui fait écho, selon lui, à l’union nationale de ces derniers jours.
« Une liberté constitutive de l’identité française »
Au-delà de la rédaction de Charlie Hebdo, menacée à plusieurs reprises ces dernières années pour ses caricatures et attaquée au cocktail Molotov en 2011, « ce sont les médias, plus généralement, qui ont été visés », ajoute l’analyste. Or l’hebdomadaire, qui était dirigé par Charb jusqu’à l’attentat, avait fait de la liberté d’expression son cheval de bataille. « Cette liberté est considérée par les Français comme la première d’entre toutes, constitutive de leur identité, de la nature même de la nation. »
83% des Français ont peur d’autres attentats
Toujours selon ce sondage, plus de huit Français sur dix déclarent craindre que d’autres attentats soient perpétrés dans les semaines �� venir. Une proportion sans doute jamais vue.

L’angoisse est présente dans toutes les têtes. Après l’attaque sanglante qui a décimé mercredi la rédaction de Charlie Hebdo, jamais peut-être les craintes de voir des terroristes frapper l’Hexagone n’avaient été aussi fortes. Les Français sont 83% à redouter que le pays ne soit victime d’autres attentats dans les semaines à venir, selon notre sondage OpinionWay metronews-LCI réalisé avant les prises d’otages perpétrées vendredi et la neutralisation des deux suspects de l’attentat de Charlie Hebdo et de leur possible complice de la fusillade de Montrouge.
Dans le détail, 36% disent le craindre « tout à fait », 47% « plutôt ». La menace terroriste est perçue avec un peu plus d’intensité par les femmes (86% contre 80% des hommes) et par les sympathisants de droite (88% des électeurs de l’UMP contre 78% de ceux du PS).
« Un sentiment de vulnérabilité » Pour comparaison, après le 11-Septembre 2001, les Français n’étaient que 60% à estimer qu’un acte terroriste était probable dans le pays. L’Ifop, qui réalise régulièrement un baromètre sur « les Français et la menace terroriste », mesurait toutefois le mois dernier leurs craintes à 80%. Il s’agissait alors du taux le plus élevé jamais mesuré par l’institut, qui expliquait le « basculement » du niveau d’inquiétude, après deux années « au-dessus de 70% », par « la médiatisation de Daech et de jeunes Français partis faire le djihad, ou plus récemment, la prise d’otage de Sydney et les agressions à Joué-les-Tours et Dijon ».
Cette fois, la France a été frappée en son cœur. La proximité immédiate de l’attentat de Charlie Hebdo, l’énorme émotion qu’elle a suscitée et les images impressionnantes de la traque des suspects sont de nature à renforcer les craintes. « L’opinion a un sentiment de vulnérabilité et se demande si les services de police vont être en mesure d’éviter d’autres attaques, alors même que les faiblesses du dispositif de protection viennent d’être démontrées, analyse pour metronews Frédéric Micheau, directeur des études à OpinionWay. Elle a aussi le souvenir de vagues d’attentats comme celle des années 1980 et l’idée, après les attaques multiples commises par Mohamed Merah en 2012, que nous sommes face à des opérations terroristes qui se déploient ». A juste titre, puisque « cela semble être le cas avec le tireur de Montrouge ».