Soutenez

La démocratie en crise de croissance

Photo: Giannis Androutsopoulos / Associated Press

Après l’avoir emporté sur le fascisme et le communisme en Europe, après avoir vaincu bon nombre de dictatures dans le reste du monde, la démocratie libérale est bel et bien en crise.

Plus que jamais elle est au service du marché. Cette sacro-sainte alliance est aujourd’hui contestée, au nom de raisons sociales et écologiques notamment.

Si on est loin du grand rêve d’Abraham Lincoln d’un gouvernement «du peuple, par le peuple, pour le peuple», on peut toujours se consoler avec Winston Churchill, pour qui la démocratie est «le pire des régimes à l’exception de tous les autres».

Mais voilà, les apparences de démocratie accentuent l’indifférence électorale ou la colère de la rue. Pour le philosophe français Marcel Gauchet, «il se pourrait qu’elle ait trouvé son plus redoutable adversaire : elle-même» (La démocratie contre elle-même, 2002).

Parallèlement aux nombreux appels à la «démocratie réelle», la poussée des extrêmes bat son plein à cause surtout de l’insécurité économique ou sociale.

L’Europe, le plus grand ensemble démocratique de la planète, est devenue un vivier pour l’extrême droite. La France, l’Italie, les Pays-Bas, la Suisse, la Hongrie et la Norvège en sont les parfaits exemples.

Même la Grèce, berceau de la démocratie occidentale, n’y échappe pas. Pour Michel Rocard, ce pays endetté à hauteur de 160 % de son PIB ne pourra sortir de son désordre économique qu’avec un ordre politique musclé. «Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire», a lancé en mars l’ancien premier ministre socialiste français.

Quand la démocratie a des ratés, les discours médiatiques se font également extrêmes. À preuve, l’éditorial de ce week-end du quotidien parisien Libération (gauche) sur la situation actuelle au Québec. «Le printemps érable ressemble au printemps arabe. Répression comprise […] Une loi d’exception, justement surnommée “matraque” et qui semble appartenir à la panoplie d’une dictature style Biélorussie ou Azerbaïdjan, limite désormais le droit de manifester, d’association et d’expression […].»

Oui, les démocraties occidentales sont en pleine crise de croissance. Il faut mettre fin au désenchantement démocratique. Mais comment?

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.