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11:51 9 février 2016 | mise à jour le: 9 février 2016 à 11:51 temps de lecture: 3 minutes

Le Japon s’inquiète de la vie après les Jeux olympiques d’été de 2020

Le Japon s’inquiète de la vie après les Jeux olympiques d’été de 2020
Photo: APFILE - In this May 9, 2014 file photo, tourists take in the views of Tokyo from the Roppongi Hills Mori Tower in Tokyo. Japan is gearing up for the 2020 Tokyo Olympics with gusto, investing in everything from stadiums to electric cars, and expecting an economic bonanza from a construction frenzy and an influx of visitors. (AP Photo/Eugene Hoshiko, File)

TOKYO — Le Japon se prépare sans ménagement pour les Jeux olympiques d’été de 2020, investissant dans tout, des stades aux voitures électriques, dans l’espoir que son économie explose en raison de la frénésie dans le secteur de la construction et de l’afflux de touristes.

En surface, l’organisation des JO semble être une belle victoire pour le Japon, au moment où son économie est ralentie par des problèmes difficiles à résoudre. La Banque du Japon estime à 250 milliards $ les retombées économiques de cet événement, soit plusieurs fois les coûts d’organisation et d’exécution de cette compétition sportive internationale. Mais pour certains, les JO de 2020 constituent une autre preuve de ce qui ne fonctionne pas au Japon depuis des décennies.

Plutôt que de moderniser l’économie et de prendre des décisions pour mitiger l’impact du vieillissement de la population et de la rareté de la main-d’oeuvre, le gouvernement a préféré se tourner vers des solutions temporaires et l’optimisme.

Les discussions et les craintes entourant la pérennité économique du Japon après les JO sont devenues si routinières qu’on leur a même donné un nom: le problème 2020. Le Japon va “lui-même s’écarteler”, a dit William Saito, un entrepreneur et expert des technologies, à propos des dépenses liées aux JO. “Ce sera la goutte qui fera déborder le vase, a-t-il poursuivi. Tout le monde prévoit que ce sera le point de rupture.”

En émettant ces commentaires, Sato se fait la voix des prophètes de malheur. Le titre d’un livre publié dernièrement est sans équivoque: “Le prix des terrains japonais dégringolera au tiers de sa valeur! La crise qui suivra les Jeux olympiques de Tokyo en 2020.”

Déjà, rappellent les opposants au projet, les préparatifs pour les Jeux olympiques ont connu d’importants ratés. Les plans de conception du stade principal ont été refaits en raison de la levée de boucliers dans l’opinion publique quant aux coûts de réalisation.

De plus, l’emblême des Jeux de Tokyo a été redessiné à la suite d’allégations de plagiat contre son concepteur. Et le comité organisateur n’a toujours pas dévoilé son estimation officielle des coûts, prétextant qu’il tentait encore de les chiffrer — en prenant bien soin de ne pas donner d’échéanciers pour le faire. Il a cependant reconnu que les coûts seront considérablement supérieurs à 3 milliards $, le montant présenté à la ville lors du dépôt de sa candidature.

Le sombre dessein qui attend le Japon après les Jeux olympiques va d’un effondrement des prix de l’immobilier à une crise financière provoquée par le poids de la dette du gouvernement, qui est le plus élevé dans le monde industriel à 234 pour cent de son produit intérieur brut.

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